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Merci au maire Labeaume d'avoir attaché le grelot

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Merci au maire Labeaume d\'avoir attaché le grelot

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L'auteur est d'avis que si l'administration Labeaume veut modifier les régimes actuels, elle devrait le faire à la table des négos dans le contexte des discussions sur la rémunération globale.

Photothèque Le Soleil

 

Michel Nadeau *

Maintenant que l'horrible mois d'octobre boursier est chose du passé, la fluctuation des cotes sur une base quotidienne devrait revenir à des chiffres qui reflètent les humeurs des investisseurs plutôt que des vents irrationnels de panique. Mais il faut remercier le maire Régis Labeaume d'avoir attaché le grelot pour attirer l'attention de la ministre Nathalie Normandeau sur l'impact de la dégringolade boursière sur la capitalisation des caisses de retraite des employés municipaux.

Il faut ramener un peu de raison dans les exigences comptables qui règlent les caisses de retraite, des véhicules structurés pour le long terme. Or, l'obsession de certains grands sorciers de la comptabilité pour la norme mark-to-market signifie qu'on doit toujours prendre l'hypothèse complètement irréaliste que toute la caisse sera liquidée demain matin...

Les marchés financiers, en particulier la Bourse, sont de nature capricieuse et il faut maintenant compter sur un horizon de 10 ans pour que leurs fruits arrivent habituellement à maturité. Les rendements des cinq dernières années sont d'à peu près zéro, alors que la décennie 90 a dégagé plus de 14% en moyenne par an dans les actions. Le pendule revient toujours à des rendements intéressants, mais à la condition d'être patient.

Depuis janvier 2007, Québec n'oblige plus les municipalités à amortir leur déficit actuariel de solvabilité. Peut-être par sympathie pour les malheurs du maire Labeaume, les Bourses se sont redressées vigoureusement depuis sa sortie du 24 octobre : New York (11,29%), Tokyo (12,13%), Francfort (16,12%). Par ailleurs, la baisse brutale du dollar canadien par rapport au dollar US au cours des dernières semaines a fait grimper de 14% la valeur des placements à l'étranger. En une semaine, les données ont beaucoup changé. Avant de crier au loup dans le creux d'un marché, il faut laisser l'année prendre son rythme. En 1987, la baisse de 22% le 19 octobre n'a pas empêché l'année de finir sur une note positive.

À la table de négos

Des esprits tordus ont soutenu que Monsieur le maire aurait succombé à la tentation de jouer sur la peur des contribuables pour obtenir des concessions des associations de travailleurs; la Ville de Québec n'a pas besoin de ces loups-garous opportunistes qui agitent les fantômes des milliards disparus aux portes de la Caisse de dépôt.

Les régimes à prestations déterminées offrent aux travailleurs les avantages d'une gestion professionnelle, le partage du risque du moment de départ à la retraite, des frais de gestion très bas, etc.

Presque tous les actuaires conviennent que c'est la meilleure formule, comme le montre le régime des élus municipaux. Au lieu de dénigrer ces régimes, il faudrait chercher à améliorer la performance des régimes à cotisations définies dont les inconvénients sont de plus en plus évidents.

Et si l'on veut modifier les régimes actuels, qu'on le fasse à la table des négociations dans le contexte des discussions sur la rémunération globale. Les dirigeants de la Ville de Québec devraient faire connaître leur plan financier pour leurs caisses.

Pourquoi n'a-t-on pas utilisé les 14,5 millions $ prévus en 2007? Que fera-t-on avec la réserve financière bâtie avec la contribution de 20 millions $ et la taxe spéciale?

Les surplus

La sagesse serait de revoir les normes de contribution des employeurs dans les marchés haussiers comme baissiers. Quand le soleil luit, pourquoi ne pas laisser les surplus s'accumuler à 30% au-dessus des réserves exigibles (contre 20% actuellement)?

Par ailleurs, il faut laisser les corrections normales de la Bourse redonner aux actions des valeurs plus attrayantes avant de forcer les employeurs d'investir pour s'ajuster à un capital minimal.

La moyenne de 7,5% par année prévue par les actuaires dans le régime de la Ville devrait ainsi être atteinte en 2010 ou en 2011.

Par contre, il ne faudrait pas que certaines mesures empêchent à l'avenir toute amélioration de la rente des participants actifs. Il faut donc souhaiter que la ministre Normandeau revienne cette semaine avec un assouplissement raisonnable qui tiendra compte de la nouvelle réalité des marchés boursiers.

*Ancien vice-président de la Caisse de dépôt du Québec

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