Vivre selon ses besoins plutôt que selon ses moyens

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Vivre selon ses besoins plutôt que selon ses moyens

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L'auteur se demande si la surconsommation, associée à l'endettement excessif, ne serait pas une des causes de la crise financière mondiale.

Photothèque Le Soleil

La crise financière est à nos portes. Nos gouvernements s'y préparent à Québec comme à Ottawa. Le Réseau québécois pour la simplicité volontaire (RQSV) et le Groupe de simplicité volontaire de Québec (GSVQ) croient que l'approche de la réduction de la consommation, qu'ils proposent depuis des années, est valide plus que jamais, et ce, même en temps de crise. Selon les simplicitaires, c'est l'occasion d'effectuer des changements sociaux et économiques profonds plutôt que cosmétiques. Lorsque les adeptes de la simplicité volontaire avancent l'idée de la réduction de la consommation pour accroître la qualité de vie, plusieurs argumentent que ça va nuire à l'économie. Ne faut-il pas consommer pour faire rouler l'économie dit l'adage populaire ?

Au contraire, les faits récents nous montrent que c'est en grande partie, la surconsommation, voire l'hyperconsommation, associée à l'endettement excessif, qui a créé la crise financière mondiale? Traditionnellement, les gouvernements stimulent la consommation en période de récession. Si on fait de même cette fois, ne va-t-on pas nourrir la cause de la crise financière ?

Les simplicitaires proposent plutôt d'accepter une certaine réduction de la consommation, parce que nous vivons dans une société de surconsommation qui n'est pas viable. Cette décroissance pourrait être modulée par une augmentation du commerce non-matériel ou moins matériel, comme celui des services, de la culture, du savoir, de la relation d'aide, de la croissance personnelle, etc. Les effets négatifs de la récession pourraient ainsi être amoindris, tout en minimisant les impacts sur l'environnement.

De plus, les simplicitaires peuvent offrir des modèles alternatifs à celui de la surconsommation qui règne sur nos sociétés, car ceux-ci en font l'expérience au quotidien.

- Vivre selon ses besoins plutôt que selon ses moyens ;

- Avoir un logement et une auto (si nécessaire) dimensionnées selon ses vrais besoins ;

- Se rapprocher de son lieu de travail pour réduire les déplacements ;

- Augmenter la longévité des objets en les réparant et apprêter ses aliments soi-même ;

- Adopter des modes de transport écologiques (covoiturage, transport en commun, location court terme, vélo, marche ;

- Etc. (mille et une autres solutions). Et peut-être plus important, de faire tout cela non dans un esprit de sacrifice ou avec un sentiment de manque, mais dans la reconnaissance qu'une fois les anciennes habitudes brisées, ces alternatifs apportent, le plus souvent, une grande libération, la fierté et un mieux-être profond.

Aussi, un meilleur partage de la richesse, ce qui est au coeur de la philosophie de la simplicité volontaire, peut aider à résoudre les problèmes qu'accentuera la récession. En effet, il ne manque pas de richesse financière au Québec, même si les principaux partis politiques promettent toujours d'en créer plus, c'est sa répartition qui n'est pas suffisamment équitable.

La crise économique est intimement liée à l'environnement. Puisque la planète nous montre de plus en plus, que les limites de son exploitation et de sa pollution sont atteintes, une réduction de l'exploitation des ressources et de l'énergie, une diminution du transport et de la consommation en général, sont de bonnes nouvelles sur le plan écologique.

Finalement, il apparaît donc qu'une migration de mentalité et d'attitudes vers la simplicité volontaire pourrait être d'un secours précieux, non seulement dans le cadre de la présente crise économique, mais également pour amoindrir et traverser la crise écologique, beaucoup plus sérieuse, qui pourrait très bien suivre les présentes difficultés financières.

Pascal Grenier, Groupe de simplicité volontaire de Québec

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