Pour eux, la mort de femmes et d'enfants sous les bombes israéliennes constitue un vecteur de première importance afin de rallier la communauté internationale derrière eux, mais surtout la population palestinienne. En fait, depuis la Seconde guerre mondiale, on constate que les bombardements aériens ont cette particularité de rallier et de resserrer la population civile autour du parti ou de l'homme au pouvoir. Les caciques du Hamas l'ont très bien compris. Ce n'est pas un hasard fortuit si leurs installations militaires sont situées au centre des quartiers populaires. Il va de soi que des civils doivent impérativement mourir pour atteindre un maximum d'effets sur le plan politique.
À l'évidence, l'exutoire est parfait. Pendant que les Palestiniens souffrent et meurent sous les bombes, ces derniers ne pensent plus à la misère qui les accable. Pour le Hamas, Israël constituera toujours le bouc émissaire parfait. De l'expédition d'Égypte de Bonaparte en passant par la guerre d'Algérie, et ce, jusqu'à aujourd'hui, les civils ont toujours été la carte maîtresse des peuples arabes en lutte contre les pays occidentaux. Pour eux, le sacrifice des populations civiles a cette faculté de compenser sur le terrain politique leur insuffisance chronique en moyens militaires.
Ainsi, les dirigeants du Hamas savaient ce qu'ils faisaient en autorisant des tirs de roquettes répétés sur le territoire israélien. En accentuant les provocations, ils étaient certains que le gouvernement provisoire de l'État hébreu, dirigé actuellement par le premier ministre Ehud Olmert, n'aurait pas d'autre choix que de réagir afin de rassurer et protéger sa population, et cela, au risque de se faire condamner par la communauté internationale.
Devant l'enchaînement des évènements, nous constatons que le Hamas reste et demeure une organisation vouée à la destruction de l'État d'Israël. Motivés par l'accomplissement de cette mission sacrée, ils se doivent d'entreprendre des actions d'éclat afin de se maintenir au pouvoir. La paix, nous l'aurons compris, n'entre pas dans les fondements philosophiques de ce groupe.
Pascal Cyr Ph.D
Sherbrooke
L'auteur est détenteur d'un doctorat en histoire militaire de l'Université de Montréal










