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Un vent de misérabilisme

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Un vent de misérabilisme

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Quelle mouche a piqué le PQ, se demande le président de l'ADQ-Laval, nous qui célébrons chaque année le 24 juin, à Québec, notre fête nationale sur le champ de bataille où nous avons connu la plus grande défaite militaire de notre histoire?

Photothèque Le Soleil

On ne sait quelle mouche a piqué le PQ, mais depuis le retour du Parti québécois comme opposition officielle, un fort vent de misérabilisme souffle sur le Québec. Il est tout de même ironique de constater qu'en pleine crise économique, les larmes les plus chaudes versées par la nouvelle opposition officielle à l'Assemblée nationale ne le sont pas pour tous ces travailleurs qui perdent leur emploi ou pour ces citoyens qui vivent dans l'incertitude économique, mais bien pour le pauvre peuple opprimé à qui on manque sans arrêt de respect en rappelant son histoire douloureuse ou en méprisant son incontournable destin de devenir un pays.

Deux événements majeurs tendent à montrer à quel point les racines miséreuses du mouvement souverainiste sont sorties de terre récemment. D'abord, il y a tout ce débat entourant la reconstitution de la bataille des Plaines d'Abraham, qui se voulait en fait une occasion d'exprimer notre histoire et de remplir notre devoir de mémoire. Plusieurs historiens ont d'ailleurs salué cette initiative, même si quelques modalités ont quelque peu dérangé certaines personnes à l'épiderme plus sensible.

Or, pour plusieurs indépendantistes, le Québec croupit toujours sous le poids de sa malheureuse histoire. Par leurs déclarations enflammées des dernières semaines, ils nous ont rappelé que nous avons un devoir de mémoire amnésique, car le traumatisme de la Conquête, 250 ans plus tôt, est encore aujourd'hui trop douloureux pour le pauvre petit peuple minoritaire et opprimé que nous sommes. Reconstituer cet événement reviendrait donc à célébrer une défaite, à glorifier ce qui a tant contribué à notre misère nationale.

Pourtant, nous célébrons chaque année le 24 juin, à Québec, notre fête nationale sur le champ de bataille où nous avons connu la plus grande défaite militaire de notre histoire. Est-ce là un signe que nous sommes si misérables et éternellement conquis ou, au contraire, signe que nous avons dépassé cet épisode et continué à grandir en tant que peuple? Nous croyons, contrairement aux gourous de l'indépendantisme, que les Québécois sont suffisamment grands et intelligents pour se rappeler tant de ce qu'ils aiment que de ce qu'ils aiment peut-être moins, tant des épisodes historiques glorieux que de ceux qui sont plus délicats.

L'autre événement qui nous rappelle à quel point le mouvement souverainiste est enfermé dans son carcan misérable est cette controverse sur les propos de Nicolas Sarkozy, qui a affirmé son «refus du sectarisme». Que les grands ténors du mouvement souverainiste s'offusquent et clament haut et fort leur désapprobation, il n'y a rien de plus compréhensible. Mais les arguments avancés dans la lettre envoyée au Président de la République française par Gilles Duceppe et Pauline Marois ont de quoi nous rappeler le fond éternellement mélancolique de l'option qu'ils défendent, sans compter que ce geste purement symbolique traduit sans doute un déplorable réflexe de colonisé.

«Les Nations unies ont accueilli, depuis 1980, pas moins de 38 nouveaux pays » écrivent-ils, sous-entendant par le fait même que le Québec, contrairement à eux, n'est pas entré dans cette «normalité». La faiblesse de cet énoncé, avancé par les deux chefs politiques des plus grands partis indépendantistes du Québec, a de quoi étonner, quand on considère qu'ils essaient de comparer l'incomparable. Le Québec a un niveau de vie, un PIB, une santé démocratique et un rayonnement international bien meilleurs que la vaste majorité de ces jeunes pays. Comparer des pommes et des oranges pour donner plus de poids à l'option qu'ils défendent démontre à quel point le mouvement souverainiste souffre d'un désintéressement généralisé.

À travers tout ça, on aura raison de demander aux adéquistes : quelle est-elle, votre conception de l'histoire? Elle est celle d'un adulte majeur et averti, qui assume son histoire et ses choix et qui regarde vers l'avenir plutôt que de pleurer sur le passé. Ce n'est pas au travers des larmes et des complaintes misérables que nous désirons exercer notre devoir de mémoire : c'est avec des faits et une volonté claire de dépasser cette mentalité de colonisés qui fige notre avenir dans le passé.

Jean-François Landry, Président, ADQ-LAVAL

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