Cette maxime picturale signifie: «Ne voit rien de mal, n'entend rien de mal, ne dit rien de mal». Selon le symbolisme oriental, il ne peut arriver que du bien à celui qui suit cette maxime. Gandhi portait sans cesse sur lui une petite sculpture des trois singes. Il a payé le prix de son engagement.
Il y a une autre interprétation de cette maxime maintenant mieux connue: il y a ceux qui voient des choses et en parlent, mais n'écoutent pas ce qu'on leur dit au sujet de ce qu'ils ont dit; il y a ceux qui ne voient rien, mais écoutent les autres et en parlent; il y a ceux qui entendent et voient des choses, mais n'en parlent pas.
Pauline a choisi de faire du discours de la sagesse, un discours de la bêtise. Pour marteler son propos à l'octave inappropriée, elle utilise le doigt en l'air et accusateur, le ton acrimonieux, le sourire méprisant, l'attaque démesurée, le non respect de la plus haute fonction de l'État. Le style Pauline cloue aux piloris ceux qui ne pensent pas comme elle et laisse planer des doutes sur sa capacité de rassembler le peuple québécois autour du projet que son parti véhicule. La partisannerie ne doit pas coucher avec le mépris, les sous-entendus, les envolées hystériques. Encore moins, avec les gros mots lancés à la volée par un ancien ministre des Relations internationales. Les règles parlementaires exigent un minimum de décorum. A l'évidence, la politique, au Québec n'est plus quelque chose de sérieux. Elle est devenue tout simplement un jeu où les acteurs arrivent constamment à s'élever à leur niveau d'incompétence.
Socrate, au IVe siècle avant Jésus-Christ, tenait ces propos: «Et la rhétorique destinée aux peuples libres? De cette rhétorique, que devons-nous en penser? Les orateurs te donnent-ils l'impression de s'exprimer en vue du plus grand bien? Est-ce leur objectif de rendre, grâce à leur discours, les citoyens aussi bons que possible? Ou bien, les orateurs ne sont-ils pas lancés à la poursuite de tout ce qui peut faire plaisir aux citoyens? N'agissent-ils pas en faveur de leur intérêt privé, sans faire aucun cas de l'intérêt public? Ne traitent-ils pas les peuples comme on traite des enfants, en essayant seulement de leur faire plaisir, sans s'occuper de savoir si, après cela, ils seront meilleurs ou pires parce qu'à cela ils ne pensent même pas?»
Le discours de Pauline est diviseur. Le discours de Pauline est moqueur. Le discours de Pauline donne mal au coeur. Jean Charest n'est peut-être pas le meilleur, mais, parce qu'il est le premier ministre de tout le monde, il ne mérite pas le discours «grimaceux» d'une maîtresse d'école qui pointe du doigt les membres du Salon de la race. Il ne faut pas montrer ce spectacle aux jeunes que des éducateurs chevronnés et sérieux tentent de former dans le milieu scolaire. Le cirque risque de les dégoûter à jamais de l'action politique et sociale.
Nestor Turcotte, Matane










