Les devoirs du ministre Paradis

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Les devoirs du ministre Paradis

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Photothèque Le Soleil

Le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, le ministre des Travaux publics Christian Paradis, souhaite mettre fin aux hostilités au sein du Parti conservateur en vue des prochaines élections fédérales. Afin de l'aider, celui-ci embauche présentement du personnel politique issu de l'ADQ et du PLQ pour oeuvrer dans l'équipe de Stephen Harper au Québec. Si le ministre Paradis souhaite redonner de la crédibilité à sa formation politique au Québec au-delà de la région de Québec, il devra tout d'abord demander à son chef de respecter la population québécoise au sujet de plusieurs dossiers d'importance.

Il devra dire à monsieur Stephen Harper que le Québec ne veut pas d'une Commission des valeurs mobilières unique au Canada, à Toronto. Il devra lui dire que le Québec attend toujours son chèque de 2,6 milliards de dollars d'Ottawa pour le règlement de l'harmonisation de la TPS et de la TVQ. Il devra expliquer pourquoi le gouvernement conservateur revient à la charge dans son intention de rendre inutile le registre canadien des armes à feu qui aura coûté plus de 1 milliard de dollars aux contribuables canadiens. Il devra également demander à son premier ministre pourquoi celui-ci s'entête à envoyer nos jeunes militaires en Afghanistan se faire tuer dans une guerre passablement coûteuse financièrement (plus de 14 milliards de dollars), mais surtout en vies humaines (117 morts et de nombreux blessés). Finalement, avant de chercher à convaincre la population québécoise du bien fondé de sa formation politique, le ministre Paradis devrait davantage creuser afin de comprendre pourquoi le Canada est un des seuls endroits au monde où l'État coupe dans la recherche pour investir massivement dans le militaire.

Le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, le ministre des Travaux publics Christian Paradis, peut bien espérer reconquérir l'estime de la population du Québec tant qu'il le veut. En politicien professionnel qu'il est, il devrait cependant savoir que la population est en droit d'exiger des réponses franches et honnêtes lorsqu'il s'agit du traitement des revendications du gouvernement du Québec de la part de son cousin à Ottawa. Rien n'indique pour le moment une réelle volonté du gouvernement fédéral de répondre favorablement aux demandes légitimes du Québec. Si le ministre Paradis ne le comprends pas, il y a lieu de se questionner sérieusement sur les véritables intentions du gouvernement conservateur à l'égard du Québec.

 

André Tremblay, Montréal

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