Ce n'est pas d'hier que le débat sur les signes religieux se concentre autour du foulard islamique. Nous l'avons dit et nous le répétons, la Fédération des femmes du Québec est contre toute obligation religieuse ou politique qui serait faite aux femmes de porter un foulard islamique ici, au Québec, et ailleurs dans le monde. En même temps, nous nous opposons au fait d'interdire, aux femmes et aux hommes qui choisissent librement de le faire, de porter un signe religieux.
Pour nous, il est hors de question de jouer le jeu de l'intégrisme en nourrissant le rejet de l'«autre»! Ce qui fait, entre autres, le propre des intégrismes, c'est le pouvoir de manipuler les idées afin qu'elles servent à leur politique d'exclusion et d'intolérance. Les positions que nos membres ont prises et défendues, au fil des ans, expriment notre volonté politique de combattre tous les intégrismes, religieux et autres, de consolider l'espace démocratique et de favoriser la participation citoyenne. Nous ne voulons renoncer ni au principe d'égalité entre les sexes, ni aux libertés fondamentales qui peuvent s'exprimer, ici, au Québec!
Nous prônons l'intégration à la société québécoise, à ses valeurs et à ses droits fondamentaux, par un véritable accès à l'emploi tant dans les secteurs public que privé. Rien ne doit entraver la poursuite par les femmes de leur autonomie économique!
Pour élaborer notre position sur les signes religieux, car nous avons été interpellées à plusieurs reprises pour la faire connaître, nous avons organisé, au cours des deux dernières années, des forums, des débats et des consultations. En tant que féministes, nous ne pouvons pas ignorer les témoignages de ces femmes, d'autres origines, qui subissent au quotidien toutes sortes de discriminations. C'est pourquoi, nous entendons poursuivre sans relâche notre lutte contre les violations commises au nom des religions et, avec la même détermination, nous nous opposons à l'interdiction de porter des signes religieux. Cette interdiction pourrait avoir pour conséquence de provoquer un repli sur soi de la part de certains groupes minoritaires. Ce repli isolerait les femmes et compromettrait leurs tentatives d'intégration à la société, intégration qui passe par le marché du travail.
Michèle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec
Émilia Castro, vice-présidente aux membres associatives
Marie-Céline Domingue, vice-présidente aux membres individuelles
Carolle Mathieu, trésosière
Micheline Bourassa, secrétaire











