Faut-il préciser que cette mère de famille ne peut quitter son domicile sans s'affubler de ce morceau de tissu appelé au choix hijab ou voile islamique? Il s'agit du même machin que doit porter cette jeune Québécoise retenue en Arabie saoudite contre son gré avec ses trois enfants par sa brute maritale. Entre deux bâillements, nous suivons de loin ses pérégrinations, radotant à qui mieux mieux qu'elle n'avait qu'à y penser avant d'aller se jeter dans la gueule du loup. Une grande nation que la nôtre, qui au chapitre de l'intolérance aux violations des droits humains, vit par moments encore en province. En 2007, Aqsa Parvez, une jeune musulmane de 16 ans a été étranglée par son père à Mississauga parce qu'elle refusait de porter son hijab à l'école. L'incident a été suffisamment dramatique pour que l'on s'énerve un peu le poil des jambes. Enfin, nous avons pu nous élever contre l'intolérance de l'Islamisme radical... avant de retomber dans notre apathie naturelle. Et puis, il ne faudrait pas passer pour raciste.
C'est sans doute pareille optique qui a guidé les réflexions de la Fédération des femmes du Québec qui vient de voter une résolution s'opposant à l'interdiction du port du voile dans la fonction publique. C'est à croire que Michèle Asselin et ses acolytes ne lisent pas les journaux. Non seulement la présidente de la FFQ croit que l'interdiction du voile favorise la discrimination, mais elle va même jusqu'à affirmer que «percevoir le voile comme un symbole d'inégalité relève du préjugé». Voilà une affirmation qui a dû faire chaud au coeur des représentantes du Conseil islamique canadien, un instigateur fervent de la résolution. Il s'agit de l'organisme même qui a mené une lutte acharnée afin d'instaurer les tribunaux islamiques en Ontario, chargés d'appliquer la charia. Étrange compagnon de lit...
La résolution déplorable et rétrograde de la FFQ détonne d'autant plus que le Conseil du statut de la femme, dans un moment de lucidité, s'était déjà clairement prononcé contre le port des signes religieux au sein de la fonction et des services publics québécois dans un avis présenté à la commission Bouchard-Taylor. Des féministes telles que Chahdortt Djavann et Djemila Benhabib se sont de leur côté clairement opposées au port du voile dans la fonction publique, la dernière arguant que le tolérer équivaut à prolonger la hiérarchie traditionnelle de la famille. Que dirait aujourd'hui Thérèse Casgrain, celle qui a fondé en 1966 la Fédération de femmes du Québec, le regroupement qui se voulait alors «La voix de toutes les femmes»? La pauvre se retourne sûrement dans sa tombe...
Olivier Kaestlé, Trois-Rivières











