Et c'est précisément ce qu'ont fait quelque 500 jeunes libéraux réunis en congrès annuel la fin de semaine dernière.
D'entrée de jeu, un constat s'impose : des changements majeurs devront être appliqués à la structure d'intervention de l'État dans l'économie. Toutefois, il nous apparaît clair que ces changements devront, au passage, poser les fondements d'un New Deal écologique.
Assainir les finances publiques
Le premier pas à faire pour permettre au Québec de mieux se préparer est de rétablir sa situation fiscale. Cela passe d'abord par le dégraissage des dépenses de l'État, notamment au niveau des budgets de fonctionnement, de gestion et d'administration. Cela passe aussi par la lutte à l'évasion fiscale et à l'évitement fiscal. Mais il faut également, au passage, revoir la structure des revenus de l'État. Loin de demander une augmentation générale des tarifs, nous suggérons plutôt que le Québec se dote d'une loi cadre régissant la détermination de l'ensemble des tarifs. À l'heure actuelle, près de la moitié des tarifs sont déterminés de façon isolée et discrétionnaire dans les ministères. Comment alors s'assurer que chaque tarif soit en concordance avec des objectifs globaux, tels que l'accessibilité et la qualité des services ou le respect de la contrainte budgétaire? Des États généraux, au cours desquels tous les acteurs concernés pourraient s'exprimer, pourraient permettre une nouvelle priorisation du rôle de l'État dans les services publics, dans le respect de l'accessibilité de ceux-ci et de la situation budgétaire de l'État.
Un New Deal écologique
D'abord, il faut élaborer un vaste chantier d'économie d'énergie et de gestion de l'électricité. Le Québec est un leader en matière de production responsable d'énergie, mais est en queue de peloton en matière de consommation responsable d'énergie. Les Québécois consomment en moyenne près de 48% plus d'électricité que les autres Canadiens. Un vaste chantier en efficacité énergétique, qui permettra à ceux qui adoptent de bonnes pratiques de réduire leur facture, est essentiel tant pour l'environnement que pour les finances publiques. Le projet Smart Grid, qui prévoie la connexion de tout matériel électronique à un réseau internet sans fil grâce à un système de puces, permettrait aux Québécois une gestion beaucoup plus efficiente de leur consommation d'électricité. Là où il a été mis à l'essai, notamment aux États-Unis, les clients ont pu apprécier une diminution de leur facture d'électricité de près de 10%, alors que la consommation globale pourrait diminuer d'autant tout en permettant à Hydro-Québec d'exporter davantage. Un tel projet permettrait également de mettre la table pour un véritable développement d'énergie verte alternative, comme l'énergie éolienne, ou de préparer la mise en marché de masse des véhicules électriques. Il permettrait aussi à tous les Québécois de participer à l'effort de production d'énergie renouvelable en leur laissant la possibilité de vendre de l'électricité à Hydro-Québec, comme celle issue d'éoliennes domestiques ou de panneaux solaires domestiques. Augmenter les tarifs d'électricité pour augmenter les revenus de l'État, comme le suggérait certains hier ? D'accord si on donne les moyens aux consommateurs d'ajuster leur consommation et si on donne les moyens aux plus démunis de se prémunir de telles augmentations. Le Smart Grid proposé par le Commission-Jeunesse du PLQ pourrait fort bien répondre à ces exigences.
D'autre part, il faut faire du transport en commun un projet de société. Près de 40% des émissions de gaz à effets de serre au Québec sont émis par le seul secteur des transports. Si l'État a un rôle à jouer en matière de transport, il nous apparaît clairement que c'est celui de soutenir le transport en commun. Cesser de subventionner l'utilisation de l'automobile en finançant les routes à même les taxes et les impôts et en imposant des péages; faire payer le juste coût environnemental et social de la consommation d'essence à ceux qui la consomment via la taxe sur les carburants; mettre en place une zone de congestion dans la métropole : voilà des idées pour mettre en place ce projet.
Des idées et du courage
La situation que nous vivons nous pousse à plusieurs égards à sortir de notre zone de confort. Les choix que nous devons poser aujourd'hui doivent être d'autant plus ambitieux et audacieux. Nous ne bâtirons pas l'avenir du Québec avec le confort politique : nous le bâtirons avec des idées et du courage.
Julien Gagnon, président des jeunes libéraux du Québec










