RÉFLEXION

La mer à nos pieds

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La mer à nos pieds

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Promenade Samuel-de Champlain longeant le fleuve Saint-Laurent, à Québec.

Photothèque Le Soleil

On parle de lui. On le fréquente très tôt le matin. Même les jours de pluie, il est envahi par des inconditionnels. J'ai nommé le fleuve Saint-Laurent.

Une promenade royale a été inaugurée par le premier ministre Jean Charest en 2008. C'est une réalisation magnifique et remarquable. Les Québécois ne tarissent pas d'éloges à son égard. Chaque jour la «navette» transporte des curieux, des citoyens heureux de découvrir cette merveille typiquement québécoise.

Les «humeurs du fleuve» est le thème choisi pour décrire ses agissements. Des symboles nous font penser au vent, aux mâts de bateaux, à la brume, au brouillard qui s'élève à intervalles réguliers. Des minis gares: quai des Vents, quai des Flots, quai des Brumes, quai des Hommes permettent aux marcheurs de se reposer... Le gazon imite les vagues du fleuve. Tout est signifiant. Le Café de la promenade est une halte pour se restaurer, se désaltérer.

 

Le quai des Vents met en évidence des structures ressemblant à des éoliennes qui se balancent au gré du vent, de même qu'à l'envol des oies blanches pour des terres plus accueillantes. Le quai des Flots présente des alignements de jets d'eau et une certaine analogie avec le ressac des eaux du fleuve. Le quai des Brumes diffuse des brouillards, des brumes qui recouvrent à certains moments le quai. Le quai des Hommes: trottoirs de bois qui s'avancent vers le fleuve, tel un quai du 19e siècle, dans l'attente de bateaux. Des tiges d'aluminium rappellent les pêches à «fascines» tendues : capture de l'anguille.

 

Ayant voyagé en Europe, je peux affirmer sans me tromper : la promenade Samuel-de-Champlain est «unique» au monde. Ce long fleuve qui baigne les côtes du Québec jusqu'aux Grands-Lacs, retient l'attention, soulève l'intérêt pour ses eaux tranquilles, son immensité.

 

Il est le pôle d'attraction des visiteurs étrangers. La Seine, qu'on a tellement chantée, a l'allure d'un ruisseau à comparer à cette mer spacieuse et vaste. Et la Garonne qu'on nous a vantée n'est qu'un passage étroit et sans attrait.

 

Celui qui avait été délaissé pendant des années est maintenant arpenté, côtoyé, visité par des milliers de personnes. Maintenant il fait partie de la vie de tous les jours. Des lecteurs, des cyclistes, des marcheurs, des admirateurs, des amateurs de beauté et de soleil se rencontrent chaque jour, pour célébrer enfin notre fleuve.

Quelle chance nous avons d'avoir cette promenade en milieu urbain. Pas besoin de faire des kilomètres pour se retrouver près de la mer.

Marie-France Legault, Québec

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