Ces paroles tranchantes ne posent-elles pas la question de sa crédibilité? Car l'avortement, suppression cruelle de l'enfant à naître, qu'on le veuille ou non, interpelle et interpellera toujours la conscience de tous, parce que déshumanisant. N'est-il pas le plus grand acte de violence fait à l'être innocent incapable de se défendre? Et n'est-il pas aussi une source réelle de dysharmonie chez les couples?
L'humanisation de toute société civilisée exige de respecter la vie humaine, dès le premier instant de sa conception. Se dérober à cette vérité est une fuite de nos responsabilités et un engagement sur le chemin de l'incohérence. C'est ce que l'on reproche, aujourd'hui, à M. Yves Bolduc, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec et à combien d'autres travailleurs de la santé de chez nous, fort embarrassés par cette question.
Face à l'avortement, destructeur de l'être humain, de la dignité de la femme et de sa santé physique, psychologique et spirituelle, tous les professionnels de la santé n'ont-ils pas à se rappeler les motifs généreux qui enflammaient leur jeunesse lorsqu'ils ont opté en faveur de la médecine ou des soins infirmiers? Et plus encore, n'ont-ils pas à intégrer cette consigne fondamentale sur la route de la vie: Ne tue pas! Consigne qui, loin d'être rétrograde, demeure essentielle au développement de notre humanité.
Aujourd'hui, pourquoi devrions-nous reconnaître l'écologie environnementale mais si peu l'écologie humaine? Il m'apparaît que l'autodétermination sexuelle et le paradigme de la réduction des méfaits - qui déresponsabilise les professionnels de la santé - en sont les causes ultimes. Et les conséquences sont graves sur les plans démographique et financier.
Responsabilités sexuelles
La culture de la vie - et non celle de la mort soutenue par nos responsables politiques et de la santé - nous commande en tout temps de favoriser une profonde compréhension du développement de l'être humain et d'inculquer le sens de responsabilité des hommes et des femmes face à l'acte sexuel. Ce qui commande aussi une mûre connaissance de l'exigence de l'intégrité du corps féminin, hélas, si peu assumée au Québec. Pour cela , faut-il qu'il y aie davantage d'éducateurs capables d'éduquer et soutenus par notre gouvernement qui prétend ne pas avoir d'argent à consacrer à cette grande oeuvre d'éducation mais, chose étonnante, en a tant pour payer le coût des avortements. Cela est inadmissible et même injuste.
La promotion de la culture de la vie est très exigeante. Elle réclame une pensée cohérente et un véritable souci du bien-être et du bien vivre de notre société. En apprenant ou en réapprenant à respecter l'enfant conçu, nous redonnerons à notre société la structure de base dont elle a besoin pour sa survie et son épanouissement. Nous en sommes capables. Il suffit de le vouloir et de dire: «Ensemble pour un monde beau, meilleur et en santé !»
Solange Lefebvre-Pageau, infirmière, M. Sc., directrice du Centre de recherche et d'éducation à la vie familiale
Montréal










