En effet, comme à la bourse, nous vivons présentement une correction dans le monde politique. Il y a une nette perte de confiance de la population envers les élus et l'ensemble de la classe politique parce qu'elle a accepté au cours des dernières années de se déresponsabiliser de ses pouvoirs et obligations. En résumé, nous avons un sérieux problème de gouvernance, nous sommes «mal gouvernés, non gouvernés et surgouvernés». Alors, pourquoi pas une commission d'enquête publique sur la gouvernance éthique et responsable?
Est-il nécessaire de démontrer la mauvaise gouvernance et surtout l'absence d'éthique de responsabilité dans la gouvernance actuelle? Tout se passe comme si personne n'était responsable de rien. En général les politiciens ayant un poste de responsabilité se déclarent «victimes» de la situation quand vient le temps de rendre des comptes, comme s'ils étaient complètement dépassés par les événements. Que ce soit à la Ville de Montréal, dans le domaine du financement des partis politiques ou dans le cadre du scandale fédéral des commandites, personne n'était au courant de ce qui se passait ou plutôt tout le monde se protégeait afin de ne pas être mis au courant des systèmes de collusion, voire de conflits d'intérêt ou de corruption systématique. Malheureusement, l'imputabilité politique n'existe plus dans ce que l'on pourrait qualifier de période de «non-gouvernance» actuelle. Le financement des partis politiques n'est que le symptôme de cette absence de gouvernance éthique et responsable qui est au coeur de notre pratique politique et de nos moeurs politiques.
Syndrôme de la «surgouvernance»
Enfin, le syndrome de la «surgouvernance» empêche le citoyen moyen d'y voir clair quand vient le temps de faire des représentations ou des récriminations. La confusion décisionnelle érigée en système à la ville de Montréal a favorisé une structure de déresponsabilisation des élus et l'émergence d'un système de collusion à l'interne. Les opérations de fusion et de défusion ont eu pour effet de démanteler le système décisionnel et d'affaiblir le pouvoir politique des élus. La multiplication et le dédoublement des paliers décisionnels aux niveaux fédéral, provincial, régional et municipal ont eu raison des citoyens et des politiciens les plus honnêtes et les plus compétents. D'où le désintérêt et le cynisme de plus en plus grand pour ceux et celles qui seraient intéressés à se présenter en politique ou tout simplement à assumer leur devoir de citoyens en allant voter.
Y-a-t-il encore de l'espoir? Oui, si individuellement et collectivement nous réclamons une enquête publique sur la gouvernance éthique et responsable afin de faire le débat sur notre culture politique actuelle. Les politiciens élus le 1er novembre auront-ils le courage de proposer une telle enquête?
Jean Baillargeon, expert conseil en communication et en développement stratégique
Québec
















