Les changements climatiques, la nécessité de réduire les gaz à effet de serre et les prochains engagements à cet égard des pays signataires du Protocole de Kyoto à Copenhague, en décembre prochain, pressent déjà les gouvernements d'agir. L'augmentation constante de la densité de population des centres urbains, la volonté des gouvernements d'investir dans des infrastructures plus modernes et plus adaptées aux exigences de protection de l'environnement et enfin, les coûts élevés de l'énergie, sont en outre des facteurs qui s'ajoutent aux avantages d'un train à grande vitesse dans des corridors densément peuplés.
Les gouvernements fédéral et provinciaux feront sous peu état des conclusions des études récemment commandées et qui devraient nous rapprocher de la réalisation d'un premier train à grande vitesse dans le corridor Québec-Windsor. L'intention et les moyens annoncés dans le plan de relance des infrastructures de l'administration Obama de développer, au sud de la frontière, des couloirs de trains à grande vitesse, devraient également encourager les autorités canadiennes à aller de l'avant.
Vecteur de vitesse et d'économie
Si l'on peut facilement imaginer que l'électricité sera la source d'énergie motrice retenue pour ce futur train à grande vitesse et que le savoir faire de nos grands équipementiers, de leurs sous-traitants basés au Québec et de nos firmes de génie sera mis à contribution, on peut également affirmer que l'aluminium devrait occuper une place prépondérante dans la réalisation de ce grand projet.
Il faut rappeler que l'aluminium s'avère être un des matériaux idéals dans la conception et la composition de matériel roulant. L'abondance de cette ressource au Canada et au Québec, notre pratique éprouvée dans la fabrication de produits d'aluminium et notre grande capacité d'adapter ce matériau à l'innovation sont des faits qui apporteront une valeur ajoutée à l'expertise requise pour faire du train à grande vitesse, un projet qui générera un maximum de retombées économiques chez nous.
Qu'il s'agisse d'automobiles ou de bus, de bateaux, de trains de marchandises ou de trains à grande vitesse, l'aluminium s'est imposé depuis fort longtemps partout dans le monde, tant dans les pièces moteur que dans les équipements intérieurs, tant comme éléments de structures que de carrosserie. L'aluminium est un matériau léger, résistant au choc et à la corrosion. Il est malléable et entièrement recyclable.
Dans les trains à grande vitesse, c'est toutefois sa qualité de légèreté qui l'emporte. Cette caractéristique permet en effet des économies d'énergie significatives liées à la propulsion, réduit conséquemment les émissions de CO2, diminue les coûts d'opération et améliore les capacités de transport en permettant une charge utile accrue. Les trains à grande vitesse utilisant une grande proportion d'aluminium peuvent donc rouler plus vite, transporter plus de passagers et contribuer à réduire l'empreinte environnementale dans le secteur du transport.
En Europe, le TGV Duplex, c'est-à-dire à deux niveaux, a été conçu pour répondre à une utilisation toujours croissante. Ce train transporte 40 % plus de passagers que son cousin à un seul étage. Tout comme ce dernier, la charge à l'essieu du Duplex est égale ou inférieure à 17 tonnes. L'augmentation de la capacité n'a pu être réalisée que grâce à l'apport de l'aluminium qui a allégé le poids de la structure. S'ajoutent à cela de meilleures performances d'accélération et de freinage. Les particularités mécaniques de l'aluminium procurent aussi plus de confort, mais répondent également aux exigences de sécurité, grâce à l'absorption de l'énergie de déformation et à l'absence de rupture des fixations des équipements. Toutes ces qualités feront en sorte qu'un promoteur de train à grande vitesse amortira plus rapidement son investissement, même si le prix de l'aluminium est supérieur à celui d'autres matériaux.
Les avantages concrets de l'aluminium, particulièrement au chapitre de l'environnement, plaident en sa faveur non seulement pour les trains à grande vitesse, mais également pour le renouvellement des flottes de véhicules de transport publics comme les bus, les rames de métro ou les tramways. Le choix de l'aluminium dans la conception et la construction du premier train à grande vitesse canadien aura, à n'en pas douter, des impacts extrêmement positifs. L'aluminium est sans contredit le matériau de l'avenir et nous avons la chance d'en disposer en abondance et d'en maîtriser le développement. D'autres, ailleurs dans le monde, ont fait ce choix pour leurs transports publics et n'ont aucune raison de le regretter.
Jean Simard, président de l'Association de l'aluminium du Canada











