Dans le rapport sur l'autosuffisance, on parlait de vendre une plus grande quantité d'électricité à la Nouvelle-Angleterre. Dorénavant, nos lignes électriques serviront à acheminer l'électricité québécoise aux marchés lucratifs de la Nouvelle-Angletterre, jetant par-dessus bord le concept de l'autosuffisance, l'enfant chéri de notre ancien premier ministre Frank McKenna. Le Nouveau-Brunswick, sur le plan de l'électricité, devient donc une simple colonie québécoise.
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Bon! Vous ne serez pas surpris que je vous avoue publiquement que je n'ai jamais cru au slogan de l'autosuffisance. Il y avait trop d'indices qui me disaient que le gouvernement n'appliquait pas, dans la réalité, les beaux mots qu'il tenait dans son discours. Parfois, je me demandais même si le gouvernement comprenait le principe de l'autosuffisance. D'ailleurs, la vente d'Énergie NB en fait l'éloquente démonstration.
Le cas Dalhousie
Prenons le cas de la ville de Dalhousie. Face à la fermeture de la centrale thermique et du moulin de Dalhousie, il faudra se tourner vers de nouvelles alternatives pour développer la région. Un secteur qui possède un potentiel important pour atteindre l'autosuffisance est l'énergie électrique qu'il est possible de tirer du vent. D'ailleurs, les nombreuses études le démontrent. Le vent est une ressource naturelle abondante au Nouveau-Brunswick. Quand du Restigouche, on regarde les hauteurs de la Gaspésie, on voit que le vent produit de l'autosuffisance énergétique à condition que les profits restent dans nos régions au lieu de s'en aller en Alberta comme c'est le cas pour l'énergie éolienne de Carleton.
Avec la vente d'Énergie NB à Hydro-Québec, cela signifie que si la ville parvenait à développer un projet éolien rentable, ce n'est pas vers Fredericton qu'il faudrait se tourner pour obtenir les autorisations nécessaires pour créer la richesse dans notre région, mais bien au siège social d'Hydro Québec à Montréal. Si la société d'État québécoise n'est pas intéressée à commercialiser l'énergie éolienne de notre territoire au détriment du potentiel hydro-électrique québécois, il est certain qu'Hydro Québec aura tout le loisir de ne pas mettre l'interrupteur à «ON» pour permettre la circulation sur son réseau de l'énergie provenant du Nouveau-Brunswick. Ainsi, une communauté comme celle de Dalhousie n'aura plus la possibilité de développer des projets à son bénéfice. Le raisonnement vaut aussi pour les autres communautés du Nouveau-Brunswick.
Vendre sa souveraineté
Pour ajouter l'insulte à l'injure, si nous voulons comme population protester contre l'injustice que pourrait nous imposer Hydro Québec à Montréal, nous devrions alors nous tourner vers l'Assemblée nationale du Québec pour nous faire entendre. Comme nous n'avons pas droit de vote à l'assemblée législative du Québec, les politiciens québécois auront beau jeu de nous ignorer. Et vous savez quoi? Ils auront entièrement raison de nous mépriser. Pendant que le Québec lutte pour obtenir sa souveraineté, les libéraux du Nouveau-Brunswick accomplissent la basse besogne de vendre, à la pièce, notre souveraineté. C'est d'une bassesse incroyable et d'une indignité qui ne méritent qu'une chose: le mépris populaire.
Mais au fond, il y a quand même matière à rigoler dans cette entente. Les libéraux n'ont pas vu la contradiction majeure qui pend au bout du très long nez de leur chef. S'ils vendent ainsi notre souveraineté énergétique au voisin (qui soit-dit en passant, fait une très bonne affaire), est-ce que pour nous faire entendre de ceux qui prennent des décisions au sujet de notre avenir, il nous faut maintenant réclamer d'avoir des députés acadiens et du Nouveau-Brunswick à l'Assemblée nationale du Québec ?
Si les lumières sont fermées à Fredericton, je crois qu'il vaut bien mieux aller où il y a du vrai pouvoir !
Florian Levesque, Balmoral (Acadie)
















