Cette prise de position publique sur la nécessaire autonomie de l'ADQ, vis-à-vis les partis fédéraux, m'a valu plusieurs réprimandes de membres influents du parti. J'ai donc décidé de rencontrer le sénateur Housakos et de lui faire part de vive voix de ma prise de position. Cette rencontre a bel et bien eu lieu. J'ai alors clairement dit au sénateur Housakos que je n'avais rien contre lui ou contre les conservateurs, mais que sous mon éventuel leadership, l'ADQ travaillerait aux seuls intérêts du Québec, et ce, sans aucune attache à un parti fédéral. Je lui ai aussi fait part que comme membre de l'ADQ, il était le bienvenu et pouvait contribuer au financement de ma campagne selon les règles établies par le parti.
Je comprends aujourd'hui, avec les sorties publiques des anciens «propriétaires» du parti, Mario Dumont en tête, que mon élection à la tête de l'ADQ signifiait pour ces gens la fin d'une alliance intouchable. Dès lors, Gilles Taillon ne pouvait plus demeurer à la tête de l'ADQ, et ce, malgré le choix démocratique des militants. Le travail de sape a alors commencé et n'a jamais cessé. Je vous laisse le soin de juger les événements des derniers jours et le rôle qu'ont joué Éric Caire et Gérard Deltell.
Je me suis lancé en campagne avec l'intention d'offrir aux Québécois une alternative aux vieux partis. Ma plate-forme était limpide quant aux axes de développement et à mon intention de faire le ménage dans les finances publiques pour éviter aux Québécois de passer à la caisse. Avec le gaspillage et les malversations mis au jour par les médias, plus personne ne peut se fermer les yeux. On m'a rapporté des éléments troublants concernant le financement de notre parti dans les années antérieures. Comme chef, j'ai donc décidé de prendre mes responsabilités et de demander aux autorités policières de faire la lumière sur la situation.
Avant le caucus de mardi, j'ai compris que seul mon départ mettrait fin à la bisbille «orchestrée». Je me devais de partir. Au moment de l'annonce de mon départ, j'étais persuadé que, par respect pour les quelque 2000 militants qui ont voté pour moi, on pourrait attendre que le chef élu au suffrage universel soit remplacé lors d'une élection tenue conformément à nos statuts. Je souhaite ardemment qu'il en soit ainsi. Les militants méritent cette marque de respect.
Gilles Taillon, chef de l'ADQ











