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Une lamentable image de pays...

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L'image amputée du Canada présentée au monde à l'occasion du spectacle... (Photo Presse canadienne)

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Photo Presse canadienne

L'image amputée du Canada présentée au monde à l'occasion du spectacle d'ouverture des Jeux de Vancouver était grossière.

 

Les traits de ce Canada-là n'existent que dans l'imaginaire de postmodernistes sans racines qui affectionnent les visions infantiles, donc naïves et tronquées, comme on aime souvent les mettre en scène au pays du gouverneur, tardif porteur de flamme. Un phantasme de sous-région déconnectée, fourre-tout et, surtout, inculte au plan historique.

 

Aussi, l'occupation de la loge officielle fut mal planifiée; l'hymne qui se veut «national» contrefait; les chorégraphies voulant commémorer les vagues d'immigration dans la région tronquées de l'épisode québécois, annonciateur des métis bafoués, et antérieur à celui des réfugiés d'Europe ou d'Asie laissés dans l'ignorance; le territoire «survolé» raccourci faute de savoir illustrer les choses à l'est des plaines; un ours à la Disney glorifié comme au carnaval de Berne; un Garou frileux, après la cantatrice majestueuse, remarquablement démuni de la voix appropriée pour l'oeuvre... et la langue française, pourtant doublement officielle, réduite dans la bouche des locaux aux sons d'un «bien...venoue!» articulés avec hésitation.

 

Tant et si bien qu'un credo final - tardif sursaut de vigilance d'agents fédéraux? - aux accents d'un Quaquer volontariste (emprunté lui aussi à la tradition du pays voisin comme le hangar qui sert de pavillon du Canada au centre-ville) fut plaqué, devenant nécessaire après autant d'approximations éthérées.

 

Au cas où le «monde» aurait tout compris de la superficialité et de l'insignifiance de la culture du lieu, il fallait quand même lui inspirer une petite gêne. Il ne devait pas se contenter d'imaginer, malgré la trame du discours tenu, que la société n'était composée que de démunis d'histoire intégratrice. De simples accueillants sympathiques contents d'être découverts mais culbutables comme au temps des hordes qui empruntaient successivement le passage du proche détroit gelé. Les éventuels visiteurs tourmentés devaient se faire dire qu'ils pourront perpétuer les valeurs et les conflits qui les ont forgés dans l'indifférence permissive d'un cadre institutionnel imaginé pour éliminer définitivement les traces de ceux qui furent conquis «l'année des Anglais».

 

Résultat: la «flamme symbolique» n'en finissait plus, dans un défilé aux allures de ceux d'une kermesse villageoise, de se chercher une place où enfin se poser dans cette ville.

 

Un vrai (vrai!) pays ne produit pas et, surtout, ne finance pas (22% de la facture payée par le fédéral l'a été par des francophones, volontaires ou non) cette lamentable image de lui-même.

 

À tous égards, c'est beaucoup trop cher payé pour instruire le monde que «chevrelet en faillite» fabrique des véhicules à suspension trop rigide pour qu'un athlète s'y tienne debout dans les rues d'une ville sans âme!

Pierre Bernier, Sainte-Pétronille

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