La Légion royale canadienne et ses 350 000 membres par tout le Canada savent très bien eux qu'il était notre dernier ancien combattant de la Première Guerre. Les drapeaux de la Légion ont d'ailleurs flotté en berne à sa mémoire. Mais est-ce que le reste du Canada sait pourquoi son décès est si significatif?
John Babcock était un symbole pour les dernières années de sa longue vie, une partie de notre histoire, une ère connue comme la Grande Guerre ou la Dernière Guerre, une prophétie qui ne s'est malheureusement pas réalisée.
John Babcock était notre dernier contact vivant avec une guerre qui sera finalement oubliée, sauf par les historiens. À moins que les Canadiens et Canadiennes continent de se rappeler du Souvenir et se rappellent qu'avec chaque jour qui s'envole un grand nombre des anciens combattants des guerres, conflits et missions du Canada nous quittent.
Les Canadiens et Canadiennes doivent marquer le trépas de ces individus et celui de leurs prédécesseurs lors de notre jour national du Souvenir, le 11 novembre chaque année, afin que nous demeurions un pays qui se soucie fortement de ses anciens combattants. Ces derniers ont en effet assumé le devoir d'assurer la sécurité de leur avenir. Nous devons aussi marquer leur décès afin que nous, en tant que pays, n'oublions jamais les horreurs de la guerre.
Résurgence bienvenue
Il est intéressant pour moi de constater une sorte de résurgence du Souvenir au Canada. Que ce soit un résultat de mentions des anniversaires des Première et Deuxième Guerre mondiales par les médias ou le déploiement de nos troupes en Afghanistan, je ne peux pas le dire. Mais j'imagine qu'il y a un peu des deux. Cependant, une chose est certaine, nous devons nous souvenir de toutes ces périodes, car c'est seulement en se souvenant que nous apprenons.
À une certaine époque, nous pouvions côtoyer quelqu'un qui avait combattu durant la Deuxième Guerre ou à la Guerre de Corée. Mais alors que ces militaires deviennent plus frêles avec l'âge et meurent, nous ne pouvons plus nous tenir à leurs côtés, car ils sont remplacés par ceux qui ont suivi leurs traces. Lorsqu'ils seront tous partis, qui se rappellera de leurs époques et de leurs sacrifices?
Le trépas de John Babcock devrait nous rappeler qu'il ya toujours une fin définitive à une période spécifique de l'histoire. C'est lorsque le dernier participant à une activité spécifique meurt. Cependant, l'activité marquée par la fin de la vie ne doit jamais être oubliée et les participants non plus.
Si le Canada doit demeurer une nation sur la scène mondiale, son peuple, les aînés et les jeunes ne doivent jamais oublier les sacrifices individuels et celui de groupes faits en leur nom depuis que nous possédons notre statut de <I>Dominion<$>. Sans ces individus, nous ne serions pas ce que nous sommes aujourd'hui.
Le décès de John Babcock a marqué la fin d'une ère pour le Canada tout comme les décès futurs marqueront la fin d'autres ères. Mais il faut souligner ici qu'il s'agit du dernier soldat d'une époque qui a vu le Canada défini pour la première fois - à la Crête de Vimy.
Wilfred Edmond, président national de la Légion royale canadienne










