L'empiètement sur les terres agricoles en raison de l'étalement urbain est un problème grave qu'il faut contrer à tout prix, mais peut-on parler d'étalement dans le cas de la ferme SMA? Ce bout de terre agricole se trouve au coeur d'un quartier en difficulté qui a un urgent besoin de revitalisation, notamment par l'arrivée de nouveaux résidents et de travailleurs. Il faut également noter que ce secteur est situé très près du centre-ville, ce qui favorise l'usage de modes de transports actifs (vélo et marche) et du transport collectif. À ce titre, il s'agit d'un quartier très bien desservi par le RTC. On y retrouvera très bientôt trois parcours Métrobus (800, 802 et 803), sans mentionner tous les parcours locaux de l'est qui se rabattent au terminus situé à proximité. D'Estimauville et la ferme SMA ont donc, par leur localisation, tous les atouts pour permettre un développement qui ne dépend pas de l'automobile et qui limite l'étalement urbain.
Pour plusieurs opposants, ce lopin a valeur de symbole pour la cohabitation entre activités agricoles et urbaines. Ils en font une terre sacrée. Pourtant, il existe des manières originales et exemplaires de développer ce terrain, à l'image du projet d'éco-quartier projeté plus au Sud. Par exemple, on pourrait exiger la certification LEED pour les bâtiments tout en rendant obligatoire les toitures vertes. Il serait également intéressant d'interdire le stationnement de surface et de limiter le nombre de cases de stationnement, ce qui favoriserait le transport en commun et éviterait l'imperméabilisation par l'asphaltage. Finalement, pourquoi ne pas de conserver, au bénéfice des résidents, un cinquième de la superficie pour l'agriculture urbaine. Ces quelques suggestions auraient l'avantage d'être un rappel de l'ancienne vocation agricole du site. En tous les cas, la Ville de Québec devrait garantir que le sacrifice de ce site évitera d'autres demandes de dézonage.
En définitive, pour accélérer la revitalisation de D'Estimauville, pour protéger les terres agricoles de Saint-Augustin, pour remplir les métrobus, pour préserver les boisés de Saint-Émile, il faut accepter le dézonage de la ferme SMA.
Christian Savard, président d'Accès transports viables










