«Nous lui avons mis de la pression aujourd'hui (hier). C'est une bonne victoire», a analysé Middaugh, tombeur la veille du champion du monde en titre, Kevin Martin.
Les statistiques jouaient pourtant contre son équipe au début du dernier droit, lui qui n'avait pas réussi à prendre les devants une seule fois. Middaugh a raté une occasion de faire trois points à la fin du septième bout, se contentant de seulement deux. Au lieu d'amorcer le huitième avec une avance de 4-3, c'était l'égalité et il perdait le privilège de la dernière pierre au profit de Gushue. Un avantage sans équivoque au curling.
«Après ce lancer pour trois points au septième, l'équipe a continué de se battre jusqu'à la fin», a souligné Middaugh, impressionné par la force de caractère de son groupe. Il était d'autant plus satisfait qu'il a eu une opposition coriace tout au long du tournoi. «Nous avons battu Glen Howard, Kevin Martin et Brad Gushue aujourd'hui (hier). Il va y avoir du changement au sommet du palmarès de nos meilleurs matchs», a-t-il ajouté.
Avec ce gain, le skip de Midland mettait fin à une disette de trois ans au Grand Chelem, son dernier titre remontant au National de 2005. «Ça fait du bien de gagner, on s'est accroché depuis plusieurs années. C'est excitant de savoir qu'on est encore capable d'être à ce niveau.»
Pas de courbe
De son côté, Brad Gushue attendra encore avant de célébrer son premier titre du Grand Chelem. Pour son dernier lancer du match, le champion olympique en titre se devait de placer sa pierre sur le bouton, devant celle de Middaugh. Un lancer un peu trop pesant, car sa pierre a effleuré celle de l'Ontarien et a glissé trop loin. «On était si près... J'ai juste lancé les deux dernières pierres un peu trop fort», a confié Gushue, déçu. J'ai fait un mauvais lancer. Avec ce type de lancer vous ne pouvez pas vous appuyer sur la pierre du fond. Si vous essayez, votre pierre ne courbera pas, c'est ce qui est arrivé.»
Le skip a été tenu en échec à ses deux participations à une finale d'un tournoi du Grand Chelem. «Aujourd'hui je me sens comme si nous l'avions donné à Wayne. C'était notre plan d'avoir le marteau pour le dernier bout... c'est vraiment décevant de perdre comme ça.»
«On ne pouvait rien faire. Ça n'a juste pas courbé pour lui, a philosophé Middaugh. C'est le genre de lancers qui semblent faciles, mais c'était une pierre vraiment difficile», a poursuivi le skip de l'équipe gagnante d'une bourse de 24 500 $ à propos du lancer raté de Gushue.
«J'étais confiant de réussir ce coup. (...) Nous allons oublier tout ça. Vous savez, j'ai manqué des grands coups et j'ai réussi des grands coups dans le passé», a relativisé Gushue, sans que le chèque de 17 000 $ remis à l'équipe finaliste n'apaise sa déception.











