«Je m'en souviens encore très bien, disait-il quelques minutes avant le match des Anciens. Les Nordiques avaient fait de moi leur premier choix et il y avait des possibilités que je sois choisi dès la première ronde dans la Ligue nationale. Les dirigeants m'ont rencontré juste avant le repêchage de la LNH. Ça ne s'est jamais su et c'est la première fois que je le dis publiquement.»
Pourquoi avoir refusé l'offre des Nordiques? «Ce n'est pas compliqué, depuis que j'étais tout jeune joueur que je rêvais d'évoluer dans la Ligue nationale et comme on disait que je partirais en première ronde, je ne pouvais pas laisser filer cette chance. Je suis originaire d'une petite place (Joliette), de la même place que Marcel Bonin qui avait joué plusieurs saisons dans la Ligue nationale. Tout ça faisait que j'approchais de mon rêve et je voulais bien y accéder. Ça n'a pas fait de différence pour ma décision, mais à cette période, disons que ça allait plus ou moins bien dans l'AMH. Par contre, les Nordiques avaient une très bonne équipe.»
La vie arrange souvent bien les choses. D'abord, Lucien Deblois est passé directement aux Rangers de New York, concrétisant son rêve. Comme joueur autonome, il a signé un contrat avec le Canadien de Montréal et, en 1986, il mettait la main sur la coupe Stanley. Quelques années plus tard, en même temps que Guy Lafleur, il prenait la route de Québec et des Nordiques. À sa deuxième saison avec la formation québécoise, il est échangé, en compagnie de Michel Petit et d'Aaron Broten en retour de Scott Pearson et de choix de repêchage.
«Je dis avec humour que j'ai été impliqué dans le plus gros échange des Nordiques. La direction voulait rajeunir l'équipe, elle avait laissé aller trois vétérans, parce qu'elle souhaitait terminer dans la cave du classement pour mettre la main sur Eric Lindros. Toronto aussi avait essayé, mais on avait fait les séries par trois ou quatre points. Québec a réussi à finir en dernière place et a pu choisir Lindros au tout premier rang.»
Rivalité Québec-Montréal
Lucien Deblois a eu la chance de vivre la rivalité Québec-Montréal dans les deux camps. «Une rivalité comparable à nulle autre, dit-il. J'ai vécu celle entre les Rangers et les Islanders, puis celle entre Toronto et Detroit, et il n'y a rien eu qui ressemblait à celle au Québec. Pas même la très grande opposition entre les Flames de Calgary et les Oilers d'Edmonton. Dans le temps, il y avait la situation politique qui aidait aussi alors que la notion d'indépendance était très forte au Québec. En plus, il y a des journalistes qui se détestaient. Et la rivalité durait 365 jours par année, pas juste pendant la saison de hockey. J'adorais ce temps.»

















