«Il n'a jamais été question de s'en passer», prétendait Stéphane Barrette, le directeur adjoint de la haute performance de Ski de fond Canada, en réaction à l'annonce de la rétrogradation du fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges parce qu'il préfère s'entraîner à Québec plutôt que de le faire dans l'Ouest canadien.
Le transfert d'Alex Harvey dans l'équipe de développement le priverait d'un soutien financier pour les différents camps d'entraînement. Selon M. Barrette, la décision à ce sujet «n'a pas encore été prise officiellement et celle-ci devra être entérinée par le comité de haute performance» - dont il est l'un des membres.
«Alex passera plus de deux mois à Canmore cet été; ce qui accroche, c'est une courte période en septembre et octobre, indiquait Louis Bouchard, entraîneur-chef du Centre national Pierre-Harvey basé au Mont-Sainte-Anne. Au lieu de participer à un camp avec l'équipe A dans l'Ouest américain, où ils s'entraîneront à la course à pied, nous allons sur le glacier autrichien de Dachstein, comme on le fait depuis cinq ans avec l'accord de Ski de fond Canada. Là-bas, on passe trois semaines sur la neige avec quatre techniciens de l'équipe nationale pour tester les skis d'Alex en prévision des Jeux. Il s'agit de la pierre angulaire de notre préparation. Ça me rassure un peu d'apprendre, aujourd'hui [hier], que le comité de la haute performance doit approuver la décision.»
Incompréhension
Il ne comprend pas pourquoi le directeur de la haute performance, Thomas Holland, a changé son fusil d'épaule. Dans le plan de travail du fondeur de 20 ans, on note qu'il passerait 12 semaines sur 52 à Québec au cours de la saison 2009-2010. Le reste du temps, il sera ailleurs dans le monde avec l'équipe nationale.
«On dirait qu'ils veulent avoir tout le monde à la même place en même temps. Pourtant, je fais toujours mes camps d'entraînement avec l'équipe nationale à l'exception de celui de l'Autriche. Nous avons développé une belle méthode de travail depuis trois ans avec eux, pourquoi changer ce qui a rapporté des résultats? Au centre national, je ne force pas les cinq anglophones du groupe à rester toujours ici, je leur permets d'aller se ressourcer, revoir leurs proches», confie M. Bouchard.
L'hiver dernier, Alex Harvey s'est imposé en remportant une médaille de bronze au 50 km de la Coupe du monde de Trondheim, en Norvège, et une autre au sprint par équipe à l'étape de Whistler. Il a terminé 26e au classement général et représente le plus bel espoir masculin de la discipline pour les Jeux de Vancouver, en février 2010.
«Alex ne perd pas son statut pour la Coupe du monde et les Jeux, il conserve sa place et ses frais de voyage en compétitions seront payés par Ski de fond Canada, ajoute M. Bouchard. Ce qu'il perd, c'est le droit de rester où il veut et on n'a pas l'intention de plier là-dessus. Alex a été mis au courant de la décision avant de partir en vacances [il rentre de Cuba demain]. Il m'a dit qu'il irait sur l'équipe de développement, mais qu'on ne cacherait pas la vérité.»
Un athlète dans l'équipe de développement touche une mince subvention d'environ 1500 $ pour la saison, l'entraînement estival étant à ses frais. Dans le cas d'Alex Harvey, on parle d'un investissement de 10 000 $ à 15 000 $.











