Le rendez-vous planétaire n'aura lieu que dans huit mois, mais aux yeux des athlètes canadiens, c'est comme s'il était sur le point de commencer. Ainsi, la grande sportive de Charlevoix a préféré ne pas prendre de vacances depuis la fin de la saison en boardercross.
«La fédération m'a demandé si je voulais arrêter pendant deux semaines, mais j'ai dit non. J'aimais mieux rester à la maison, sauf qu'après deux jours, j'ai repris l'entraînement physique», expliquait-elle à l'occasion d'une activité en lien avec la flamme olympique, mercredi en début de soirée à la Cage aux Sports de Charlesbourg, où l'on retrouvait plusieurs membres de la communauté sportive régionale.
À peine rentrée d'un entraînement sur neige en Californie, la médaillée de bronze des JO de Turin (2006) repartira bientôt pour l'Ouest canadien afin de s'adapter à la nouvelle planche qu'elle vient d'adopter et pour retrouver son aisance dans la montagne à la suite de ses fractures aux deux poignets, l'hiver dernier.
«Physiquement, ça va bien, mais je dois rattraper le temps perdu. Pendant que j'étais chez moi à plafonner, les autres roulaient à fond de train et progressaient. J'ai bien fini la saison, c'est encourageant, et il ne me reste qu'à mettre tous les éléments en place pour connaître une bonne saison.»
Deux podiums
Déjà sélectionnée pour les Jeux de Vancouver, elle pourra se concentrer sur ses résultats immédiats. Le grande blonde veut grimper souvent sur le podium, rien de moins. Elle a d'ailleurs bouclé son calendrier 2008-2009 avec deux présences sur la tribune d'honneur, terminant deuxième et troisième «d'une course où je suis passée à un cheveu de gagner», dira-t-elle.
Pour atteindre ses objectifs - et ceux du COC - à compter de la mi-septembre, elle a décidé de changer de planche. Elle abandonne son snowboard traditionnel pour un modèle plus performant et plus spécifique à sa discipline. «Je l'ai essayé et je suis tout de suite tombée en amour avec. Je dois m'habituer et modifier certaines techniques, mais ce n'est pas comme si je partais à zéro. Plusieurs filles ont fait le changement, et les deux meilleurs gars l'utilisent déjà.»
Lorsqu'on lui fait remarquer que les athlètes canadiens sont chanceux d'avoir la possibilité de participer aux Jeux dans leur cour, elle sourit. «Oui, c'est extraordinaire et ça n'arrive pas à tout le monde de pouvoir le faire. D'un autre côté, c'est un peu plus stressant parce qu'on a plus de pression sur les épaules. Personnellement, je me prépare déjà mentalement, je me place dans le contexte des Jeux, j'en parle ouvertement parce que je ne veux pas attendre une semaine avant le début pour le réaliser.»











