«C'est la goutte qui a fait déborder le vase, tout simplement», résume Michel Dorais, un des trois membres du comité de discipline de la LNAH, cellule décisionnelle qui a rendu son jugement public hier. Le 24 septembre, en entrevue d'après-match d'une victoire de 7-5 contre l'Isothermic de Thetford Mines à Pont-Rouge, Baril a entre autres affirmé que la LNAH voulait «vendre du hockey du standard de la Ligue nationale, mais on ne vendra pas le hockey senior avec ce que l'on a vu en troisième. Il n'y a personne qui veut voir du hockey comme on en a eu dans cette période», a-t-on pu lire dans Le Soleil. Dans les 20 dernières minutes de jeu, le Lois Jeans venait d'écoper neuf pénalités mineures pour huit situations d'infériorités numériques, 17 au total de la soirée.
«On a convenu qu'il fallait que ça arrête», ont tranché Dorais, aussi vice-président du circuit, Daniel Bergeron, le préfet de discipline, et Jean Roberge, directeur du développement et ex-joueur. «Ce n'est pas juste deux, trois ou quatre commentaires dans les médias, c'est pour l'ensemble de l'oeuvre», insiste Dorais, qui évoque l'épaisseur du dossier disciplinaire déjà accumulé par Baril.
Il a menacé le superviseur
Au printemps dernier, en pleine série finale, ultérieurement remportée 4-2 par son équipe, le bouillant entraîneur avait menacé le superviseur des arbitres, Patrice Normandin, geste qui lui avait valu d'être suspendu pour les cinq derniers affrontements. Certaines exigences lui ont depuis été imposées afin qu'il puisse réintégrer sa position à Pont-Rouge. À l'évidence, ce dernier écart a enfreint ses conditions de probation.
Baril aurait émis d'autres commentaires désobligeants avant même le début de la campagne, à propos des nouvelles orientations de la Ligue et du règlement obligeant les équipes à aligner un minimum de six joueurs de 26 ans et moins. «Ce n'est pas juste deux ou trois petites shots dans les journaux», assure Dorais, qui a dirigé les destinées des formations d'Acton Vale et de Saint-Hyacinthe pendant 12 ans, avant de revenir dans le portrait l'an dernier après deux ans loin de la Ligue. Dorais dit même avoir cherché des circonstances atténuantes aux attaques de Baril, comme «une série de sept défaites en plein mois de décembre», mais sans résultat.
Moins de 24 heures après avoir appris la sanction, le Lois Jeans a déclenché le processus d'appel qui permet de contester une décision du comité de discipline. Le comité d'appel, composé de l'ancien joueur de la Ligue nationale Daniel Vincelette, de l'ancien officiel Steve Duchesne et de l'homme de sport Yves Lessard, entendra donc les doléances de tout ce beau monde samedi, à Drummondville. Un verdict final et irrévocable sera rendu dans les jours suivants.











