De retour d'un camp d'entraînement sous le vent en Europe, la vedette de l'équipe nationale est courtisée d'un bout à l'autre du pays. Pour un athlète canadien, la tenue des Jeux olympiques dans sa cour représente une double mission qui va au-delà de la simple performance sportive. D'où la nécessité de miser sur des mentors ayant déjà vécu l'expérience de se produire devant ses concitoyens, comme Nathalie Lambert, Kurt Browning et Ian Balfour avec l'Équipe Visa.
«Un athlète qui possède le potentiel de gagner pourra le faire n'importe où, mais la présentation des JO dans son pays rend le tout encore plus passionnant. Il y a une énorme différence à l'idée de compétitionner devant les siens, de recevoir l'appui de la foule. Les Jeux, c'est souvent le symbole de ta carrière même si le cheminement pour s'y rendre détermine ce que tu es comme personne. À l'époque, j'aurais bien aimé avoir un programme de mentorat comme celui-ci, qui va plus loin que la simple commandite en argent», explique Lambert, chef de mission de l'équipe olympique.
Médaillée d'or en bosses à Turin, en 2006, et quadruple championne du circuit de la Coupe du monde, Heil profite de l'expérience de ces vétérans olympiens malgré le fait qu'elle peut aussi conseiller les plus jeunes athlètes en raison de sa longue feuille de route, qui compte notamment des arrêts aux Jeux de 2002 et 2006. «Je suis déjà bien entourée avec les spécialistes de B210 et je me considère vraiment chanceuse d'avoir toutes ces ressources près de moi et ça fait plaisir de pouvoir aider ceux qui me le demandent», ajoutait l'athlète entraînée par Dominic Gauthier, l'ancien bosseur de Lévis.
Technique différente
Histoire de revoir sa biomécanique, refaire ses forces et préparer le plan de match menant aux JO, l'Albertaine habitant désormais à Montréal a raté la saison 2008. Aujourd'hui, elle ne se considère plus comme étant la même skieuse qu'auparavant.
«J'espère que non! Ma technique est différente, je suis plus rapide. Il y a sept coupes du monde avant l'épreuve des Jeux olympiques et il y a encore de la place à amélioration malgré tout mon bagage. Et au niveau des émotions, je peux aussi profiter de mes échanges avec l'Équipe Visa», glissait-elle dans cette entrevue accordée en français, une langue seconde qu'elle maîtrise à la perfection.
L'athlète de 26 ans sait bien que les JO de Vancouver éclipseront toutes les autres compétitions, cet hiver. Lorsqu'elle choisi de poursuivre sa carrière, après sa conquête de l'or à Turin, ce n'était pas pour se contenter d'un podium en saison sur le circuit (bien qu'il soit dans la mire), mais plutôt pour viser la plus haute marche au site olympique de Cypress Mountain. «Dans la vie, il n'y a rien comme l'expérience et je suis ravie d'avoir vécu les Jeux de 2002 et 2006. Et comme ceux de 2010 auront lieu à la maison, ça ajoute au plaisir.»











