Le premier ministre, Jean Charest, avait invité hier des élus des trois ordres de gouvernement, des entrepreneurs et des athlètes de la région.
Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve
Au-delà de la création d'Équipe Québec lundi, le premier ministre québécois, Jean Charest, a en effet dévoilé lundi une toute nouvelle stratégie pour attirer les Olympiques dans la capitale. En confiant les rênes à l'un des artisans du succès du Championnat mondial de hockey en 2008, Claude Rousseau, les gouvernements entendent avoir en main un plan de match infaillible pour décrocher la compétition des compétitions.
L'idée est avant tout d'étudier l'état des infrastructures de la capitale. La Ville et les gouvernements devront ensuite s'entendre pour en construire de nouvelles en fonction des standards olympiques. Québec convoitera ensuite la tenue de compétitions internationales, question de se positionner comme une destination sportive incontournable. Puis viendra une candidature aux Jeux olympiques de 2022, de 2026 ou même de 2030.
Éviter les déceptions
Ainsi, dans l'éventualité où Québec verrait sa candidature à nouveau rejetée, la Ville aura à tout le moins gagné des équipements de qualité, souligne le maire de Québec, Régis Labeaume. «Les étapes se font dans un ordre très prometteur qui pourra peut-être éviter des déceptions. [...] Pour la population, ça veut dire que, peu importe ce qu'il advienne, il restera au moins des infrastructures.»
Québec a déjà dans sa mire sept compétitions internationales, comme le dévoilait Le Soleil en septembre. L'Office du tourisme a en effet recommandé à la Ville de poser sa candidature pour le Championnat mondial junior de hockey de 2014 et les championnats de patinage de vitesse courte piste de 2013 et longue piste de 2015.
Reste que les Olympiques représentent l'objectif ultime. En témoigne le logo d'Équipe Québec, composé d'une torche dont la flamme s'avère être le bateau emblème de la Ville de Québec, toutes voiles dehors.
Tous confiants
Et même si Jean Charest n'annonçait pas officiellement une candidature de Québec aux Jeux olympiques, le lancement d'Équipe Québec en avait toutes les apparences. Le premier ministre avait invité lundi pour l'occasion plus d'une centaine de personnes, principalement des élus des trois ordres de gouvernement, des entrepreneurs et des athlètes de la région.
Le premier ministre s'est d'ailleurs montré confiant de voir un jour la capitale accueillir les Olympiques. «Il n'y a pas une ville au monde qui est mieux située, mieux préparée et qui se présente aussi bien pour recevoir des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver. Par sa beauté, la qualité de ses infrastructures, par son site géographique et parce qu'elle a fait la preuve qu'elle est capable d'accueillir des événements de ce type.»
Rappelant les succès du Championnat mondial de hockey en 2008, Jean Charest a vanté les qualités de Claude Rousseau, le qualifiant de «sherpa» de cette nouvelle marche olympique. Alors que la Fédération internationale de hockey menaçait de retirer l'organisation de l'événement à Québec, l'arrivée en 2007 du président des Remparts avec l'homme d'affaires Jacques Tanguay avait permis de sauver le tournoi. «Non seulement ont-ils permis à cet événement de se réaliser, mais ils en ont fait un très grand succès», s'est emballé Jean Charest.
Le maire Labeaume s'est dit fort confiant de voir M. Rousseau réussir. «C'est la meilleure personne à Québec pour faire ce travail. Claude a fait amplement la démonstration de sa compétence et sa capacité à s'allier des individus.»
Claude Rousseau ne s'en cache pas, le remplacement du Colisée par un nouvel amphithéâtre figure déjà sur sa liste de priorités. «Si on voulait tenir aujourd'hui le Championnat mondial de hockey comme en 2008, avec l'infrastructure actuelle, la probabilité que la Fédération internationale de hockey nous dise oui est presque nulle», a-t-il estimé, moins de deux ans après la tenue de la compétition.
Avec les surplus du 400e
Difficile de cacher le lien entre le succès des Fêtes du 400e et cette nouvelle quête des Jeux olympiques: Équipe Québec sera financée à même les surplus des festivités de 2008. Le comité dirigé bénévolement par Claude Rousseau aura en effet à sa disposition un million de dollars sur trois ans pour engager des consultants afin de mener sa tâche à bien.
Rappelons que le groupe doit d'abord faire l'inventaire de l'état des infrastructures existantes dans la région afin de dresser une liste des équipements nécessaires à la tenue de compétitions internationales. Le groupe devra aussi préparer un plan de match pour attirer ces événements, avec comme objectif ultime la tenue des Jeux olympiques à Québec. Même si le groupe de travail a trois ans, des rapports d'étape seront présentés d'ici cette échéance.
La marche revue et corrigée
>> Étape 1 - Le comité Rousseau doit analyser d'ici la fin 2012 les besoins en infrastructures de la région pour attirer des compétitions sportives de calibre international.
>> Étape 2 - À la suite des recommandations du comité Rousseau, la Ville et les gouvernements devront faire construire de nouvelles infrastructures, en commençant par un nouvel amphithéâtre et un nouvel anneau de glace.
>> Étape 3 - Québec devra ensuite attirer des compétitions internationales, comme le Championnat mondial junior de hockey ou les Mondiaux de patinage de vitesse.
>> Étape 4 - Enfin, Québec sera en meilleure posture pour poser sa candidature aux Jeux olympiques de 2022, de 2026 ou encore de 2030.













