«Je mise beaucoup là -dessus, personne d'autre ne fait ce truc et c'est ce qui pourrait me différencier des autres compétiteurs», raconte le sportif de 26 ans à l'aube du début de la saison hivernale.
Même si Lemay a participé aux Jeux de Turin, en 2006, sa présence en Colombie-Britannique n'est pas dans le sac. Le hic, c'est que la ligne d'attente est plus longue que le nombre de places disponibles. Le principal intéressé se trouve à la frontière qui séparera les athlètes sélectionnés et écartés. «Le Canada pourrait avoir un maximum de quatre places aux Jeux. Il y a quatre ou cinq gars - à l'exception des deux premiers - qui se battront pour faire partie du groupe. J'ai confiance de réussir à me qualifier», expliquait-il avant de se rendre au Colorado, où il retrouvera la neige avec plaisir.
Depuis le début de l'automne, Lemay s'est tapé deux voyages en Nouvelle-Zélande, histoire d'approfondir sa nouvelle manoeuvre et préparer la prochaine saison. Si le vent ne l'avait pas limité à seulement quatre jours de «bonne planche», il n'aurait pas eu à s'en payer un deuxième, quelques semaines plus tard.
«Depuis les Jeux de Turin, le niveau de compétition a augmenté. Ce qui compte, c'est d'avoir suivi cette évolution. Il faut toujours rester sur la coche parce qu'à chaque année, il y a un gars qui arrive avec un nouveau truc. Il y en a beaucoup qui essaient des doubles flips, moi, je veux compenser avec de la hauteur et des trucs plus techniques.»
User d'expérience
Lemay veut aussi profiter de son expérience de 2006 pour se propulser au rendez-vous de 2010. Il y a quatre ans, à Turin, il avait pris la 18e place au classement final, ratant de peu la finale. Comme l'expérience ne se gaspille pas, il veut s'en servir pour atteindre son objectif.
«Le fait d'avoir été à Turin, ça m'aide à bien gérer la pression. Je sais comment ça marche, je sais qu'il y a plus de monde qui veut aller aux Jeux», expliquait celui qui - comme les autres - n'a plus que trois compétitions pour mériter sa place, soit la première au Colorado, la seconde en Californie et la dernière à Stoneham, en janvier.
À 26 ans, Lemay n'a pas l'intention de passer sa vie dans une demi-lune. Pour l'instant, sa priorité est de se classer pour les Jeux de Vancouver, mais il ne prévoit pas se rendre jusqu'à Sochi (2014), en Russie. «Je ne pense pas. De toute manière, tu le sais quand tu n'es plus sur la coche.»
Membre de l'équipe de développement, il vit son aventure à ses frais parce qu'il n'est pas cardé et ne reçoit pas de subventions mensuelles. Lorsqu'il n'est pas sur sa planche à peaufiner ses trucs et à inventer une manoeuvre qui pourrait le faire gagner ou avancer de quelques rangs au classement, il se met à la recherche de commanditaires.
«Mon travail, c'est ça [de trouver des partenaires], et ça demande beaucoup de temps. Je vois à tout, de l'approche à la réalisation d'une affiche géante sur laquelle on retrouve toutes les compagnies qui m'aident. Une saison me coûte entre 25 000 $ et 30 000 $ et je parviens à payer la moitié du logement avec ma blonde», dit-il avec de l'orgueil bien placé.

















