Guzman vise le tour du chapeau

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Carl Tardif
Le Soleil

(Québec) Il ne porte aucun surnom et se bat pour l'honneur : le sien, celui de sa famille et de son pays. Natif de la République dominicaine, Joan Guzman visera le tour du chapeau, samedi au Colisée de Québec, à l'occasion de son combat de championnat chez les poids légers contre l'Africain Ali Funeka. «Je veux faire partie d'un groupe restreint de Latins ayant remporté trois ceintures», disait le boxeur de 33 ans.

L'ancien olympien des Jeux de 1996 revendique déjà deux con­quêtes mondiales en carrière, l'une chez les 122 livres et l'autre chez les 130 livres. «Je pourrais en avoir une quatrième, mais le champion des 126 a refusé cinq fois de se battre contre moi et je lui ai dit de m'oublier, que j'irais voir ailleurs», racontait-il en marge de la conférence de presse du combat Bute-Andrade II.

Dans son pays, Guzman est un sportif reconnu qui ne possède toutefois pas le statut de héros local. Il n'a pas encore atteint la popularité des joueurs de baseball, mais un troisième joyau à sa couronne pourrait le faire passer dans le clan des légendes dominicaines.

Troisième titre mondial

«Il s'agit d'un combat important pour moi. Je peux me faire un nom dans mon pays avec un troisième titre mondial, ce que peu de boxeurs hispaniques ont réussi avant moi. Je me bats pour moi, bien sûr, mais aussi pour aider ma famille. Je suis aussi convaincu que tout le pays serait fier de me voir triompher à nouveau», expliquait, sans l'aide de son traducteur, ce fils de Santo Domingo.

Comme tous les enfants de la République dominicaine, il s'est vite retrouvé sur un terrain de baseball. Mais contrairement aux autres, il n'était pas animé par l'amour de ce sport. «Le samedi, c'était la journée des combats de boxe et ça m'attirait plus que de capter des roulants, lancer ou frapper la balle», expliquait-il avec des gestes de boxeur.

Guzman est débarqué en ville, mardi soir. Il se dit bien préparé pour sa bataille contre Funeka, un type dont il a analysé le style en décortiquant un DVD sur son adversaire. «Il sera l'homme invisible quand je le frapperai, samedi soir», prédisait-il à propos du natif d'East London, en Afrique du Sud.

Chose certaine, les deux hom­mes sont prêts pour une longue guerre de tranchées. En 29 victoires (il n'a jamais perdu), Guzman l'a emporté 17 fois par K.-O. Il a atteint la limite des 12 rounds à ses quatre derniers combats. «Ça fait deux mois que je m'entraîne loin de la maison, je suis concentré sur ce que je dois faire.

Pour sa part, Funeka affichera sûrement plus de détermination entre les câbles que derrière un micro. Discret, l'auteur d'une fiche de 30-2-2 (25 K.-O.) aura toutefois l'avantage de la grandeur sur son adversaire, puisque Guzman lui con­cédera six pouces.«Je suis prêt pour ce combat, mon heure est arrivée», estimait celui qui n'était pas le plus connu des amateurs de boxe avant d'avoir poussé Nate Campbell à la limite de 12 rounds lors d'un combat, en février dernier.

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