Père de deux enfants, Tourigny a trouvé difficile d'être à Saskatoon, en pleine période des Fêtes, loin de la petite famille. «Il faut aimer ça! a-t-il reconnu. C'est difficile d'être loin de mes proches, mais c'est tellement une belle expérience à vivre. La chance de représenter ton pays, ce n'est pas banal.»
Aux jeunes entraîneurs du circuit Courteau qui caressent le rêve de diriger un jour dans la Ligue nationale de hockey, comme Mario Duhamel (Drummondville) et Éric Veilleux (Shawinigan), Tourigny se fait convaincant. «Je le conseille à tous les entraîneurs du Québec. Certains ont peur de s'approcher des compétitions nationales, de Hockey Canada. Mais allez-y, foncez!»
Approches différentes
Pour le grand patron des Huskies de Rouyn-Noranda, côtoyer des pairs d'un peu partout au Canada a modifié sa façon de diriger. «Tu as des gars avec des mentalités différentes, des approches différentes et des méthodes d'enseignement différentes, a-t-il observé. Parfois, c'est aussi banal qu'une façon de structurer l'échec-avant.»
Le passage de Tourigny au Championnat mondial junior était la suite logique dans son cheminement de carrière. Il est passé par le programme national des moins de 17 ans, puis de 18 ans. Après une seule année passée chez les moins de 18 ans - la norme est généralement de deux ans -, Tourigny a fait le saut chez l'équipe la plus prisée du programme junior de Hockey Canada, les U-20. Avant lui, Guy Boucher avait emprunté le même chemin et avait géré l'avantage numérique lors de la conquête de la médaille d'or en 2009.
S'il a été omniprésent sur toutes les chaînes de télévision francophones du pays, Tourigny a été on ne peut plus discret à Saskatoon. C'est lui qui a décortiqué, dans l'ombre, les systèmes des équipes adverses et peaufiné le désavantage numérique avec l'autre entraîneur adjoint d'Équipe Canada, Dave Cameron.
À 35 ans, Tourigny pourrait donc devenir un jour l'entraîneur-chef de l'équipe junior canadienne. Quand on lui signale les bons mots qui circulent sur lui au sein du personnel de Hockey Canada, il rougit et reste humble. «Ce sont eux qui pourraient le dire publiquement. Moi, je suis à ma place. Et j'aime ça.»











