«Je ne sais même pas où est la mienne», a laissé tomber Jordan Caron, hier matin. «J'ai connu un bon match personnellement, mais l'argent ne nous dit rien. Nous au Canada, on veut l'or. Cette médaille-là ne veut rien dire.» «J'aurais voulu bien terminer, avoir cette sixième médaille d'or de suite ici devant nos partisans. L'argent, ça ne nous intéresse pas vraiment», avait d'ailleurs souligné la veille Patrice Cormier, capitaine du Canada et coéquipier de Caron à Rimouski.
Dans son évaluation d'après-tournoi, l'entraîneur adjoint André Tourigny a eu de bons mots pour la performance globale de l'attaquant de Caron. «Il a été à la hauteur des attentes. Il savait quel rôle il devait jouer et il a terminé troisième dans le tournoi pour les mises en échec. Il a justifié sa présence ici. On est satisfaits de lui.»
Une évaluation qui ne changeait toutefois rien à la déception de Caron. «J'échangerais ma performance contre l'or et je me serais contenté de connaître la pire performance de ma vie», a donné comme image le natif de Sayabec. S'il identifie un aspect qui a fait de lui un meilleur joueur de hockey à l'issue du tournoi, Caron pointe vers Jordan Eberle. «Il est l'incarnation du mot caractère. On n'avait pas le choix de le suivre. J'ai compris avec lui qu'il ne faut jamais lâcher tant que ce n'est pas terminé.»
Mardi soir, Cormier était convaincu que la victoire était dans le sac après qu'Eberle eut marqué deux fois en fin de troisième. «Ça fait mal, car on y a vraiment cru. On a démontré que le Canada se tenait debout jusqu'à la fin, qu'on avait beaucoup de caractère.»
Ovationnés à deux reprises
Hier soir, Cormier et Caron ont été accueillis en héros au Colisée de Rimouski. Ils ont été ovationnés à deux reprises, comme s'ils avaient remporté la médaille d'or au Mondial de hockey junior. Les deux joueurs, qui n'étaient pas en uniforme pour le match contre les Saguenéens, ont remis leurs chandails du tournoi international à l'Océanic lors d'une cérémonie protocolaire qui constituait leur dernière présence dans l'amphithéâtre rimouskois avant l'annonce officielle de leur départ pour Rouyn-Noranda, aujourd'hui.
«Je n'oublierai pas ces trois années à Rimouski, a dit Cormier. Il y a toutes sortes d'émotions : une défaite à Saskatoon, il y 24 heures, et une chance d'aller à Rouyn-Noranda pour gagner la Coupe Memorial avec une équipe qui travaille fort.» «Vous avez été là dans les bons et les mauvais moments», a lancé Caron aux partisans. «Je suis passé par toutes sortes d'émotions dans le hockey junior, qui est une roue qui tourne très vite.»
Avec la collaboration spéciale de Carl Thériault











