2022, un pari olympique «réaliste» pour Québec, selon Dick Pound

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Dick Pound pense que Québec doit poser sa... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Dick Pound pense que Québec doit poser sa candidature olympique pour 2022, sa dernière année comme membre du CIO.

Le Soleil, Erick Labbé

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Pour Dick Pound, il est tout à fait réaliste de penser qu'à pareille date en 2022, Québec pourrait s'apprêter à réaliser un grand rêve: accueillir les Olympiques d'hiver.

«Un jour, c'est certain que Québec va être l'hôte des Jeux olympiques. Je pense que 2022, c'est pensable. Il faut y réfléchir sérieusement», a déclaré mardi au Soleil l'avocat montréalais, qui est toujours membre du Comité international olympique (CIO).

M. Pound salue la création d'Équipe Québec, ce comité mis sur pied en novembre par le gouvernement Charest afin d'attirer les Jeux d'hiver dans la capitale. «C'est une bonne chose. J'encourage le premier ministre et le nouveau président dans ce projet» dit-il, tout en se disant désireux de les conseiller, au besoin

Le président d'Équipe Québec, Claude Rousseau, a déjà affirmé qu'une candidature pourrait être envisagée pour 2022, tout en évoquant la possibilité de tenter sa chance pour 2026 ou même 2030. Mais Dick Pound pense plutôt qu'il faut s'empresser de «saisir les opportunités» tout en écartant 2018, qui arrive trop vite.

«Québec est avantagée par son climat nordique, alors que d'autres villes subiront les impacts des changements climatiques. C'est un grand avantage. Sans parler de la beauté de la ville, avec son fleuve et son histoire.»

Sur une note plus personnelle, M. Pound ajoute qu'il préfère 2022 puisque ce sera alors sa dernière année comme membre du CIO. Son mandat se terminera lorsqu'il soufflera ses 80 bougies, selon les règles de fonctionnement du CIO.

Stratégie par étapes

L'ancien président de l'Agence mondiale antidopage approuve la nouvelle stratégie d'Équipe Québec, qui veut procéder par étapes. L'objectif est d'abord de doter la capitale des infrastructures requises - anneau de glace, amphithéâtre, piste de ski - pour attirer des compétitions de calibre international avant de présenter une candidature pour les Jeux olympiques d'hiver.

«C'est une bonne stratégie», affirme M. Pound, qui émet toutefois un bémol. «Il faut être prudent parce que les standards changent. Les installations construites en 1988 ne répondent pas nécessairement aux normes d'aujourd'hui. Il faut faire attention si on construit des infrastructures 12 ans d'avan-ce.» Équipe Québec doit présenter d'ici le printemps ses recommandations sur les équipements à construire pour mousser une éventuelle candidature.

Piste de ski déterminante

La plus grande faiblesse de la capitale reste toutefois l'absence d'une piste de ski assez élevée pour répondre aux normes des compétitions internationales de ski alpin masculin, selon M. Pound. Mais cette difficulté est loin d'être insurmontable, précise-t-il. «Il faut convaincre les skieurs que le Massif [de Charlevoix] peut convenir. Il est possible de rendre le parcours plus difficile ou de surélever la montagne.»

Lorsqu'on lui demande quels conseils il donne aux membres d'Équipe Québec, M. Pound ne parle toutefois pas d'infrastructures, mais plutôt d'expertise et de visibilité. «C'est comme au golf, c'est le back swing qui compte, lance-t-il en souriant. Il faut d'abord encourager la venue d'événements internationaux pour se faire connaître auprès des fédérations sportives et montrer ce qu'on sait faire.»

Québec est bien placée pour y arriver cette fois-ci, ajoute-t-il. «La seule erreur pour la candidature de 2002 était d'être en compétition contre Salt Lake City, à qui on avait promis les Jeux.» À l'époque, les accusations de corruption avaient fait scandale et beaucoup de choses ont changé depuis, rappelle-t-il. «On a maintenant une commission d'évaluation qui procède de façon rigoureuse, c'est un avantage pour Québec.»

La capitale a par ailleurs peu à craindre d'une candidature éventuelle de Toronto, qui pourrait tenter sa chance pour les Jeux d'été après avoir accueilli les Jeux panaméricains en 2015. «Toronto tentera sa chance plus tard, lance-t-il. Selon moi, c'est maintenant au tour de Québec.»

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