Rémi Laliberté: le patron du pipe

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«C'est un challenge à organiser en soi» ?... (Le Soleil, Erick Labbé)

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«C'est un challenge à organiser en soi» ? Rémi Laliberté, qui sera chef de half-pipe à Vancouver

Le Soleil, Erick Labbé

Jean-Sébastien Massicotte
Le Soleil

(Québec) À moins d'une semaine de son départ pour Vancouver, le planchiste Rémi Laliberté ne pourrait paraître plus calme. Pourtant, bien que sa participation aux JO ne revêt pas la pression de rapporter une médaille, il devra tout de même être à son meilleur pour les compétitions de demi-lune. S'il connaît de bons Jeux, sur le podium, tous les médaillés ne pourront que saluer les efforts réalisés par le natif de Charlesbourg.

Assistant juge en chef pour les épreuves de la discipline aux Jeux olympiques de Turin en 2006, Laliberté se trouve cette fois-ci impliqué dans l'événement comme chef de half-pipe. «J'y vais comme un employé du COVAN [Comité organisateur des Jeux olympiques de Vancouver]», précise le sportif de 36 ans qui habite Lac-Beauport. Si tout va rondement et que la compétition est une réussite, il pourra dire mission accomplie.

Alors que la clémence de Dame Nature complique passablement la vie aux organisateurs des Jeux sur le site de Cypress Mountain, à Vancouver Ouest, la tâche qui attend Laliberté aux abords de la demi-lune a de quoi donner le vertige. Loin de s'en faire, celui qui doit voir à la qualité des installations pour la compétition de planche à neige affiche une confiance inébranlable.

«C'est un challenge à organiser en soi», rappelle Laliberté au sujet de l'importante compétition. Devant le manque de neige et la chaleur inhabituelle pour cette période de l'année, le patron du pipe assure que les stratégies mises en place sauront répondre aux besoins du grand rendez-vous. «Je suis confiant qu'on aura un événement de qualité.»

Si le pipe se porte bien, le représentant pharmaceutique de métier aura d'autant plus de temps à consacrer aux mille et une autres tâches de son mandat. Formation des bénévoles, sécurité sur la piste, encadrement des athlètes et des entraîneurs durant la compétition, le travail ne manquera pas pour celui qui doit voir à «tout ce qui se passe à l'intérieur des clôtures» qui encerclent la demi-lune.

Mais en attendant de toucher aux Jeux, les organisateurs ne prennent aucune chance. Plan A, plan B, plan C... Rien n'a été laissé au hasard au cas où des difficultés surviendraient dans la préparation de l'immense rampe aux murs haut d'une vingtaine de pieds.

«On a été chanceux, car ils ont eu beaucoup de neige au début de la saison», raconte Rémi Laliberté. Ce qui fait que des buttes de neige naturelle ont pu être conservées à l'abri sous de grandes bâches. Au besoin, cette neige servira à façonner le superpipe olympique. Si ce n'est pas suffisant, de la neige d'ailleurs sera acheminée vers Cypress Mountain.

Preuve que Laliberté a raison d'être en confiance à quelques jours de son départ pour l'Ouest canadien, le designer Steve Petrie et son équipe de chez Arena Snowparks, les créateurs de la demi-lune des JO, sont déjà à l'oeuvre sur la montagne depuis la troisième semaine de janvier. Et aux dernières nouvelles, ils semblaient se débrouiller assez bien malgré les difficultés de la météo. De quoi permettre à Laliberté de souffler un peu, avant de renouer avec la frénésie olympique.

Le terrible truc en or de Shaun White

Aux premières loges à Turin en 2006, Rémi Laliberté s'attend à ce que le spectacle en demi-lune les 17 et 18 février soit encore plus relevé à Vancouver. Car si l'arène n'a pas changé, le sport, lui, n'a cessé d'évoluer. «Il y aura des performances jamais vues», assure celui qui sera chef du half-pipe aux Jeux olym­piques de Vancouver.

 

Médaillé d'or à Turin, l'Américain Shaun White n'est pas étranger à ces nouvelles frontières qui seront dépassées. En particulier à cause d'une terrible manoeuvre qu'il maîtrise mieux que quiconque, le double cork, soit un double périlleux en rotation diagonale. «Le pire, c'est qu'il le fait des deux bords», souligne Laliberté à propos du légendaire planchiste qui a dompté cet été le double cork, sur une demi-lune privée de 500 000 $ incorporant une zone d'atterrissage en blocs de mousse. Un truc effrayant au point où des planchistes de l'élite hésitent encore à s'y risquer, de peur «de se retrouver en chaise roulante», comme l'a résumé récemment au Toronto Star Justin Lamoureux, membre de l'équipe canadienne qui sait faire la cascade.

Pour ajouter à la réputation du double cork, rappelons que l'Américain Kevin Pearce, un espoir de médaille, s'est gravement blessé à la tête en tentant la manoeuvre cette saison. Risque ou non, certains observateurs croient que l'or à Vancouver tiendra à cette manoeuvre... et à celui qui y survivra.

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