Au moment où le Rouge et Or arrive dans le dernier droit avant le Championnat de Sport interuniversitaire canadien, qui aura lieu dans trois semaines à Toronto, Perron ne cache pas ses ambitions pour ses athlètes samedi et dimanche, lui qui vise deux des trois bannières en jeu (titre masculin et au combiné). Mais il y a plus.
«Ce n'est pas une fin en soi», estime Perron à propos de ce qu'il qualifie de «générale» pour le Canadien. Perron insiste sur le fait que ses protégés donneront leur maximum au PEPS, mais ils devront le faire avec quelques handicaps. «Ils ne seront pas rasés, ils auront leur maillot normal», résume l'entraîneur de Laval, qui fait le pari que ces obstacles à surmonter les mettront dans une meilleure position à Toronto, où ils auront droit à une préparation complète.
Tandis que 11 athlètes lavallois ont déjà fait leur standard pour le National, Perron souhaite qu'après la fin de semaine, au moins trois autres de ses protégés obtiennent leur laissez-passer.
Places à maintenir
Le corps non rasé et sans maillot de performance, le Rouge et Or tentera de maintenir la position enviable qu'il a su se tailler après quatre Coupes universitaires. En tête au combiné, devant les Carabins de l'Université de Montréal, et aussi premier chez les hommes, devant McGill, le R et O devra bien faire chez lui s'il veut réaliser ses objectifs. Une baisse de régime pourrait être coûteuse, puisque le Championnat provincial compte pour 60 % des points de la saison.
«Je ne m'attends pas à faire mes meilleurs temps», précise cependant Bruno Langlois. Néanmoins, le natif de Québec se montre confiant et se plie de bon gré aux demandes "handicapantes" de son entraîneur. Qualifié pour le National, le spécialiste des épreuves de dos assure qu'il ouvrira la machine afin d'avoir la meilleure indication sur sa forme actuelle. L'avantage du rasoir et du maillot technique sera pour Toronto!
Du côté féminin, Perron ne se fait pas d'illusions sur l'actuelle deuxième position de ses filles, derrière l'Université de Montréal. «Ce serait une grosse surprise si on arrivait à combler l'écart.» À ses yeux, ce n'est pas ici une question de talent, mais plutôt un manque de profondeur, alors que les filles sont cette saison moins nombreuses au sein de l'équipe.
Parmi celles-ci, Marie-Pier Ratelle sera à surveiller. La spécialiste des sprints (50 m et 100 m style libre) sera à la recherche des tout derniers détails à corriger avant le Canadien. Trois fois deuxième au 50 m style libre du grand rendez-vous universitaire, elle est déterminée à prendre l'avantage à Toronto. «On peut dire que je suis due!»
Retour à la base
L'entraîneur de l'équipe de natation du Rouge et Or, Nicholas Perron, est sûr d'une chose en prévision du Championnat provincial : le tableau des records «sera dur à challenger». Car si le talent continue de monter d'année en année, l'interdiction d'utiliser en compétition les controversées combinaisons longues (comme la LZR Racer de Speedo), depuis septembre au niveau canadien, remet les choses en perspective. «C'est une bonne chose. On revient à la base. En plus, on sauve du temps et de l'argent», raconte l'entraîneur qui rappelle qu'il arrivait parfois à des athlètes de prendre une heure pour enfiler la fameuse combinaison ultra-ajustée de près de 500 $.
Depuis janvier, la Fédération internationale a aussi banni ce genre de costume. Pour le R et O en fin de semaine, ce sont les nouveaux maillots accrédités qui seront aussi interdits. Cette fois, c'est Perron qui veut limiter l'avantage à ses athlètes. Car bien que légaux, les nouveaux maillots - plus courts et dans un textile qui ne peut favoriser la flottabilité du nageur - restent avec le rasage du corps des atouts indéniables.











