«On n'est peut-être pas aussi démonstratifs, mais si c'est ce que ça prend pour aller aux Jeux, il n'y a pas de problème!» lance Lapointe en riant, jeune femme visiblement plus posée que l'enthousiaste St-Gelais. N'empêche que le couple Lapointe-Gagnon a vécu sa propre aventure olympique, ou plutôt préolympique, avec une première participation aux compétitions de sélection en vue des Jeux, à Calgary, durant les Fêtes. «On a vu ça de l'intérieur. Pour nous, c'était presque plus intéressant que de suivre les Jeux» à la télévision, avance Gagnon.
À la lumière de cette expérience, sa douce moitié avoue avoir regardé la grand-messe quadriennale du sport «d'un autre oeil». «Moi, les Jeux, ça m'a reboostée pour quatre ans», résume celle qui, à 25 ans, peut s'inspirer des Kristina Groves, 33 ans, et Clara Hughes, 37 ans, condisciples et compatriotes médaillées à Vancouver.
Réuni par l'amour du patin, et l'amour tout court, la paire habite Québec : elle chez ses parents, lui en appartement. Ils emménagent ensemble en juillet. Elle est native de Chicoutimi et a voulu essayer le patinage de vitesse à la suite d'une dictée que lui avait concoctée sa maman sur le thème des sports. Lui, 23 ans et originaire de L'Assomption, il y a pris goût en regardant les Jeux au petit écran. «Je trouvais ça beau, les virages, l'inclinaison.» Puis la piste longue s'est imposée à lui, «parce qu'en courte, j'avais de la misère avec mes virages et je me faisais toujours disqualifier».
Elle est bachelière en kinésiologie et lui diplômé en logistique de transport, mais leur vie tourne autour du patin. En plus de toutes ces heures consacrées à leurs propres performances, elle est entraîneure responsable du Centre régional de Québec, à l'anneau Gaétan-Boucher, endroit qu'elle désigne comme sa «deuxième maison». Question de joindre l'utile à l'agréable, il lui sert d'adjoint auprès des quelque 25 jeunes patineurs dont elle a la responsabilité.
Fin de saison motivante
Ils ne sont toutefois pas prêts à accrocher leurs lames de concurrents. Cette fin de semaine, à l'occasion de la troisième tranche de la Coupe Canada, à Sainte-Foy, ils ont chacun effacé leurs records personnels au 500 et au 1000 m, Lapointe terminant entre autres deuxième au 500 féminin couru vendredi. Fin de saison motivante pour le duo, quoique rocambolesque avec la tenue des épreuves à l'aurore et en soirée. Ils projettent maintenant de rouler en amoureux jusqu'en Floride dans les prochaines semaines, pour «décompresser un peu», avant de reprendre le travail à l'anneau. «Mais je n'ai pas vraiment l'impression que c'est un job. Je tripe!» lance Lapointe, sous l'approbation de Gagnon.
L'inspiration d'un champion
Même si on a remis une multitude de médailles lors de la troisième Coupe Canada de patinage de vitesse longue piste, une récompense métallique attirait plus l'attention que les autres, hier, à l'anneau de glace Gaétan-Boucher. Mathieu Giroux trimbalait sa grosse médaille d'or remportée à la poursuite par équipe, le 27 février, sur l'Anneau olympique de Richmond.
«Si mon expérience olympique peut être une inspiration pour la prochaine génération, tant mieux», souligne l'athlète de 24 ans, qui a eu la piqûre en regardant Marc Gagnon et consorts triompher à Salt Lake City, en 2002. Car le résidant de Pointe-aux-Trembles a adopté la longue piste il y a seulement 14 mois, ses chevilles le faisant trop souffrir pour poursuivre en courte.
Il a depuis trouvé sa vocation et l'amour, puisqu'il était à Québec pour encourager sa blonde, Kirsty Lay. L'Albertaine a entre autres gagné le 1500 m. Giroux repart aux Pays-Bas pour une dernière Coupe du monde et le Championnat du monde.











