À sa 16e présence dans le cercle canadien des 8 en 18 saisons à la barre du club de l'Université Laval, Pascal Clément a chaque fois cru que ses protégés grimperaient sur la plus haute marche du podium, voeu qui ne s'est réalisé qu'à sa deuxième campagne, en 1994. Mais de là à le dire... «Je ne pense pas l'avoir dit depuis longtemps», assure le volubile pilote. «Juste de le dire, je réalise que ça me fait du bien. C'est depuis le mois de novembre que j'y pense, que je me le dis : ?On va gagner cette année!? Maintenant, je l'ai dit et c'est l'attitude qu'il faut avoir», estime-t-il, lui qui craignait avoir perdu une part d'audace depuis la décevante septième position de 2000. Comme cette année, le Rouge et Or avait alors entamé la compétition à titre d'équipe favorite pour remporter le trophée Tantramar.
«On va gagner!» lance à son tour Frédéric Desbiens, en écho à son patron. «On n'ose pas le dire à toutes les années et l'an dernier, ça nous a manqué un peu», expose le puissant attaquant, à propos du revers en finale contre les Golden Bears de l'Alberta, classés deuxièmes, 12 mois plus tard. «On dit ce qu'on ne disait pas les autres années, ou plutôt ce qu'on n'osait pas dire.»
Son coéquipier Karl De Grandpré corrobore. «Ce serait niaiseux de ne pas avoir ce feeling-là. On n'a pas le choix de se rallier à ce qu'il pense. Pascal en a vu, du volleyball, dans sa vie, alors s'il pense qu'on va gagner, je le crois. Ça n'empêche pas qu'il faudra y aller point par point, match par match», souligne l'attaquant vedette et joueur par excellence de la conférence Québec cette saison, en déballant l'annulaire et l'auriculaire de sa main droite. De Grandpré se remet d'une fracture du petit doigt, ce qui l'a empêché de disputer la finale québécoise gagnée 3-0 et 3-0 aux dépens des Carabins de Montréal.
Barbe et confiance
D'autres joueurs témoignent de leur confiance autrement qu'en paroles. Alors que plusieurs portaient la traditionnelle barbe «des séries», le centre Simon Fecteau-Boutin arborait une pilosité faciale des plus originales. Le passeur recrue Justin Boudreault croit quant à lui que «c'est l'fun en tabarouette d'arriver là numéro un». «Ça va nous dire si vraiment on est prêts, avec tous nos efforts, les pratiques, la musculation, les activités de financement, les parties hors concours. C'est plus de l'excitation que du stress.»
Confiants, Clément et sa bande ne deviennent pas arrogants. «Pour être objectif et honnête, il faut dire qu'on n'est pas seul dans la course», admet l'entraîneur. Et d'enchaîner, presque du même souffle, à l'intention du journaliste : «En espérant se voir à l'aéroport lundi soir!» évoquant un accueil de champions.











