Depuis le milieu des années 90, «les résultats n'étaient peut-être pas aussi exceptionnels», raconte Godbout en faisant référence à l'époque post-Sylvie Fréchette, médaillée d'or aux JO de Barcelone (1992) et d'argent à Atlanta (1996). À cette époque, la question n'était pas de savoir si le Canada était pour monter sur le podium aux plus importants rendez-vous aquatiques, mais bien de connaître la couleur des médailles, illustre-t-il.
Un coup de barre s'est donc imposé en 2008, raconte Godbout. «Pas nécessairement à cause d'un élément en particulier. Ce n'est pas comme si on finissait les derniers!» Mais visiblement, l'équipe de direction de Synchro Canada souhaitait repositionner le pays face à l'émergence des nouvelles puissances, à commencer par la Russie.
Une réorganisation au sein de l'équipe nationale a donc amené le déménagement de 24 nageuses au Centre d'excellence des sports aquatiques, à Montréal. Puis, il y a eu l'embauche des réputées entraîneures Denise et Julie Sauvé à la barre de l'équipe nationale senior. «Ça porte déjà ses fruits», assure Godbout, pour qui un podium aux prochains Jeux olympiques, à Londres en 2012, est plus que probable. Le nom Élise Marcotte, de L'Ancienne-Lorette, est notamment évoqué.
Club d'impact à Québec
De passage à Québec pour le Championnat divisionnel de l'Est et de l'Atlantique qui se tient jusqu'à dimanche à la piscine de l'école Cardinal-Roy, Godbout a souligné l'impact des hôtes de la compétition, le club Synchro Élite de Québec, sur le développement de l'élite au pays. Car force est d'admettre que sur la grande proportion de Québécoises (plus de 66 %) qui se trouvent au sein des trois équipes nationales (senior, junior et 13-15 ans), un bon nombre vient du club dirigé par Jojo Carrier-Thivierge.
C'est une simple «recherche de l'excellence», résume la principale intéressée et sextuple championne canadienne, quand vient le temps d'expliquer le succès de Synchro Élite, auquel elle contribue depuis plus de 30 ans. «Le message réussit... On gagne!»
Un succès qui s'explique aussi par l'attachement des anciennes athlètes à leur club. «On est quatre entraîneures stables depuis plusieurs années, précise Chantal Vallières. On a nagé ensemble, on s'est coachées...» raconte Chantal Vallières, une adjointe de Carrier-Thivierge, au sujet du quatuor à la tête de l'équipe, complété par Marie-Hélène Morneau et Geneviève Mercier. «On est plus que des collègues, on est des amies!»
Enjeu national
Il y aura beaucoup de monde à la piscine Lucien-Flamand de l'école Cardinal-Roy jusqu'à dimanche, alors qu'est présenté le Championnat divisionnel de l'est du Canada et de l'Atlantique. Plus de 430 nageuses réparties dans 23 clubs seront en action chez les 12 ans et moins, 13-15 ans, junior (15-17 ans) et senior. D'après Patrick Godbout, de Synchro Canada, la compétition serait l'une des plus grosses du genre tenues jusqu'à maintenant. À l'enjeu : un laissez-passer pour les Nationaux. Les 16 meilleures de chaque épreuve (solo, duo, équipe et combo) seront invitées. Les compétitions seront tenues en avril à l'Île-du-Prince-Édouard (junior et senior) et en juin à Montréal (13-15 ans).
Les meilleures espoirs au pays poursuivront aussi l'action, lundi et mardi, avec un camp national. Parmi les nageuses de Synchro Élite, Natasha Bernier, Mathilde Sauvé, Gabrielle Boisvert, Sarah-Ève Levasseur, Ann-Sophie Levasseur et Aude Bégin-Richard seront à l'eau pour tenter d'impressionner les entraîneurs de l'élite au pays.











