«À l'époque, la raison principale ayant motivé ma décision de quitter le régime communiste est que je voulais donner à ma famille et à mes enfants la chance de vivre dans un environnement dans lequel ils auraient la chance d'aller au bout de leurs possibilités», a expliqué Peter avant le match entre les anciens Nordiques et les anciens Canadien, hier au Colisée. «Mes deux garçons et mes deux filles sont nés ici. Ils font un bon travail et ils s'impliquent dans la société. Je savais que je faisais le bon choix à l'époque, et Paul me l'a rappelé à Vancouver.»
Âgé de 53 ans, le légendaire Slovaque a indiqué qu'il avait toujours essayé de prendre ses décisions en respect avec ses valeurs profondes, convaincu qu'avec les années, celles-ci lui rapporteraient des dividendes. En 30 ans, il s'en est passé des choses. Et Peter Stastny a vécu des événements qu'il croyait même impossibles à imaginer.
«J'ai toujours aimé profondément mon pays et ma nation. Mais quand je l'ai quitté, j'étais convaincu que jamais, jamais, je n'y retournerais. Il n'était même pas question pour moi de rêver à la possibilité qu'il soit libéré du communisme. Mais c'est arrivé. Et peu de temps après, la Slovaquie est devenue un pays. Par la suite, j'ai eu la chance de jouer pour mon pays aux Jeux olympiques de Lillehammer. Et aujourd'hui, je le représente au sein du Parlement européen et j'ai la chance de travailler pour promouvoir le sport et la démocratie. Ce que je vis aujourd'hui est vraiment extraordinaire. J'ai de la difficulté à exprimer ce que je ressens.»
D'une rivalité à l'autre
Absent des affrontements entre les anciens Canadien et les anciens Nordiques depuis 2003, Stastny était bien heureux de pouvoir renouer avec ses anciens coéquipiers et aussi d'anciens «ennemis». Parlant de la rivalité qui existait jadis entre le Tricolore et les Fleurdelisés, il a souligné que l'émotion animant les matchs entre les deux équipes était bénéfique, car elle accrochait les amateurs de la même manière que certains affrontements lors des Jeux olympiques. Et au bout du compte, c'est le hockey qui en profitait. «Le hockey d'aujourd'hui manque de rivalités intenses.»
Appelé à comparer cette rivalité à celle qu'il avait vécue contre les Soviétiques du temps où il portait les couleurs de l'équipe nationale de la Tchécoslovaquie, Peter a raconté que l'exercice était particulièrement difficile. À ses yeux, c'est comme comparer des pommes et des oranges, comme comparer la finale de la Coupe Stanley et un match pour la médaille d'or aux Jeux olympiques.
«Les deux étaient très fortes et avaient beaucoup de signification pour les joueurs. Il y avait cependant quelque chose qui dépassait le contexte sportif dans la rivalité entre la Tchécoslovaquie et l'URSS. Les Soviétiques étaient les meilleurs et nous, nous voulions les battre.
«Et c'était aussi politique», a ajouté celui qui a récolté 1239 points (450 buts et 789 aides) en 977 matchs dans la LNH. «Moi et tous les autres joueurs de mon équipe, nous détestions les Soviétiques à cause de l'occupation de notre pays en 1968. Ce mélange de plein de choses créait une atmosphère pas mal chargée.»
Avec Carbonneau à St. Louis
Que ressent-il en portant à nouveau le chandail des Nordiques presque 30 ans plus tard? «Pour moi, c'est plutôt comme rajeunir de 25 ans. Sauf que maintenant, on joue pour s'amuser et pour revivre les beaux moments du passé.»
Avec le temps, il est arrivé à oublier certains de ses «anges gardiens» du passé. Et il en a surpris plusieurs en disant que Guy Carbonneau n'était pas le seul joueur à s'être accroché à lui afin de le neutraliser.
«Je peux vous nommer plusieurs noms dans n'importe quelle équipe qui l'ont fait. Particulièrement dans les clubs de notre division. Sur la glace, c'était des adversaires, et les choses devenaient parfois intenses, mais quand la rencontre était terminée, on oubliait tout. Et à la fin des carrières, certains gars sont devenus des amis. Vous savez que j'ai été coéquipier de Carbonneau avec les Blues à ma dernière saison dans la Ligue nationale.»










