Alors qu'au Québec le réseau collégial et universitaire de badminton est bien établi, la situation est différente dans l'Ouest du pays et dans les Maritimes, où la pratique «civile» est plus ancrée. «Il y a des raisons historiques à ça», explique Étienne Couture. L'entraîneur-chef du Rouge et Or raconte qu'au départ, à l'extérieur de la province, le sport a été surtout pratiqué dans les clubs privés. À l'inverse, il a été intégré tôt au milieu scolaire.
Aujourd'hui, l'Ontario emprunte une structure de développement semblable à celle d'ici, une tendance qui ferait tranquillement son chemin vers les deux océans. «On est un peu, au Québec, le moteur de ça», assure Couture.
Reste qu'en attendant, sans réel réseau universitaire de badminton dans l'Ouest - et dans les Maritimes -, il devient difficile de regrouper des équipes de partout au pays pour un «vrai» tournoi national. Certes, les joueurs à l'extérieur de Québec et de l'Ontario sont du même âge que ceux d'ici, mais les organisations pour lesquelles ils jouent sont plus souvent de type «collèges américains», soit des institutions post-secondaires qui regroupent les niveaux collège et université. Difficile alors de trouver un arrimage pancanadien.
Ce qui fait que ce quatrième tournoi national, qui se terminera dimanche, est plutôt sanctionné par Badminton Canada et se fait en simple collaboration avec Sport interuniversitaire canadien (SIC). Une nuance qui ne changera rien par contre au spectacle qui s'annonce relevé avec 80 athlètes en action dès demain (9h). Le finaliste du dernier Canadien senior, l'Albertain Martin Giuffre, sera notamment de la compétition avec des Mustangs de l'Université Western Ontario.
Montrer l'exemple
Pour Couture, le badminton sortira gagnant du rassemblement au PEPS. À son avis, le réseau universitaire est «à construire» et c'est en tenant des compétitions de l'importance de celle de la fin de semaine qu'il sera possible de «faire un Championnat où il y aura des équipes de toutes les conférences».
D'après l'entraîneur, si la situation du badminton universitaire s'améliore d'année en année, il manque encore une «volonté politique» d'unifier le réseau. «Ce n'est pourtant pas parce qu'il manque de joueurs dans l'Ouest», souligne Couture, notant pour ce coin du pays l'importante immigration asiatique, une population connue pour son amour du badminton.
Multiples enjeux
résenté sur deux volets, en individuel et par équipe, le Championnat canadien de badminton proposera de nombreux enjeux. Au final, cinq titres en individuel et le titre de champions par équipe seront disputés. L'honneur de groupe reviendra à l'une des cinq universités en présence, soit entre Western Ontario, Waterloo, l'UQAM, l'Université de Montréal et l'Université Laval. Deux sélections d'étoiles collégiales seront aussi ajoutées au tableau, mais elles seront considérées comme hors concours pour le volet d'équipe. «Faire la finale par équipe, ce serait un accomplissement», estime Étienne Couture, l'entraîneur du Rouge et Or. «Ça voudra dire qu'on aurait battu de très bonnes équipes.»
Quant au tournoi individuel, il aura un attrait particulier, car il servira à la sélection des raquettes qui iront au Mondial universitaire de Taipei, à Taïwan, en septembre. Couture se fait réaliste, mais il croit possible que des Lavallois causent des surprises au PEPS. Daphnée Le Corre-Laliberté et Audric Hartmann Karsenti seront notamment les athlètes du Rouge et Or à surveiller.











