Brave ou fou? Un peu des deux!

Notre journaliste Olivier Bossé a tenté sa chance... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Notre journaliste Olivier Bossé a tenté sa chance sur la première portion de la descente du Crashed Ice, vendredi après-midi.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Olivier Bossé
Le Soleil

(Québec) «Je ne sais pas si vous êtes braves ou si vous êtes fous!» Sous son grand chapeau, le monsieur n'avait pas du sage que la chevelure blanche. Genou amoché, patins aux pieds, je remontais la rue vers la terrasse Dufferin pour aller réchauffer le peu d'orgueil qui me restait après deux descentes dans le parcours du Crashed Ice. Mais les félicitations des spectateurs m'ont vite fait réaliser que d'en ressortir en un seul morceau relevait en soi de l'exploit!

«Comment ç'a été?» m'ont demandé la plupart de mes collègues du journal, tout l'après-midi d'hier. «Ç'a bien été. Je suis tombé, mais ç'a bien été», était ma réponse. Eh oui. Je suis tombé, et trois fois plutôt qu'une. Pas de honte là-dedans, même si la trentaine de représentants des médias ne dévalait qu'à peine une centaine des 560 mètres que mesure la piste du Vieux-Québec cette année, soit à peine un cinquième.

Et probablement le cinquième le plus «pépère», si on se fie aux commentaires de Christian Papillon, patineur de descente aguerri, au terme des essais matinaux réservés aux vrais concurrents. «Des blessures, il va y en avoir ici en fin de semaine, c'est sûr», a lancé le favori local, affirmant que le participant qui le suivait s'était disloqué l'épaule dans un virage particulièrement serré. Papillon, lui, en avait été quitte pour un trou dans sa manche de chandail.

Pour ma part, je n'ai même pas eu à tourner, sauf sur moi-même, en chutant. Limité entre le Château Frontenac et la rue Buade, le trajet «médiatique» consistait à se lancer du départ (très) pentu aux deux marches intégrées, puis à enjamber un pont érigé au coin des rues du Fort et Sainte-Anne, avant le saut de baril aménagé le long des fenêtres du bureau de poste. Croyez-moi, c'était suffisant. Juste d'atteindre les stalles de départ juchées à sept mètres dans les airs au bout d'un étroit escalier de métal s'est avéré périlleux. Et une fois au sommet, fouetté par le vent frisquet venu du fleuve, je me suis demandé si c'était vraiment une bonne idée.

Question d'équilibre

En deux tentatives, je n'ai même pas réussi à dominer cette monstrueuse section de départ. Pas assez penché, trop retenu, pas assez ceci, trop cela. Rien à voir vraiment avec les talents de patineur, que je n'ai par ailleurs pas, mais tout avec l'équilibre, que je n'ai pas non plus, semble-t-il. À preuve, le vainqueur du défi des médias a été nul autre que Thomas Rinfret, champion de ski extrême et de planche nautique recyclé en réalisateur pour Radio-Canada.

«Mais, vous n'avez même pas de formation pour faire ça!» a ajouté mon badaud d'un certain âge, même d'un âge certain. Non, monsieur. À moins que l'on considère une carrière dans le hockey mineur à Sorel-Tracy, dont le point culminant a été le midget B, d'une quelconque utilité. Ce dont je doute encore plus depuis hier. Par contre, je suis sûrement le seul ancien midget B de Sorel-Tracy à avoir un jour descendu le parcours du Crashed Ice. Et juste pour cela, c'était vraiment une bonne idée.

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