«Autant ç'a été une grosse décision, autant elle a été facile à prendre», affirme St-Amour, emballée par le nouveau défi qui s'offre à elle. «Comme ça, vite vite, mon but dans la vie est de faire les Olympiques de 2012. Alors quand j'ai su que Simon Fraser s'en allait dans la NCAA, je n'ai pas hésité à faire les démarches», fait-elle valoir, comme quoi, dans l'esprit des athlètes universitaires, le meilleur chemin pour atteindre les plus hauts sommets demeure la National Collegiate Athletic Association (NCAA). Et c'est là que Simon Fraser déménage toutes ses équipes, ce qui fait de l'institution scolaire établie à Burnaby, en banlieue de Vancouver, le premier membre non américain de la NCAA.
Comme autres raisons, St-Amour mentionne la proximité du quartier général de l'équipe canadienne féminine, basée à Vancouver, dont elle prend une pause cet été pour travailler et réussir à épargner de l'argent; le rapprochement avec sa soeur jumelle, Chloée, qui joue à l'Université de la Colombie-Britannique - «45 minutes d'auto au lieu de cinq heures d'avion», précise-t-elle; la réunion avec son ancienne coéquipière des Dynamiques de Sainte-Foy Marie-Line Petit; l'attrait de la ville de Vancouver. «Et moi, mon plan de carrière, c'est d'aller jouer outremer après mes études. Dans l'histoire du Rouge et Or, il y a Marie-Hélène Pedneau [France] et Isabelle Grenier [Allemagne] qui ont joué en Europe. Et je serai la première à quitter Laval pour la NCAA.»
Une deuxième mère
Loin de renier sa famille adoptive de Québec, la Montréalaise de 22 ans parle même de Linda Marquis, l'entraîneure-chef de l'équipe féminine lavalloise, comme d'une «deuxième mère». «Quand je suis sortie du cégep [de Sainte-Foy], j'ai eu beaucoup d'offres [de la NCAA], mais je ne voulais pas sortir de ma zone de confort et je voulais absolument être coachée par Linda. Aujourd'hui, je suis rendue là. C'est comme un deuil, une séparation pour toutes les deux.»
Après avoir été nommée joueuse collégiale par excellence au Canada en 2008 et avoir côtoyé Marquis au Centre provincial d'excellence du Québec (CPEQ), alors établi à Lévis, la garde de 5'6'' a réalisé une entrée remarquée avec le R et O, étant sacrée meilleure joueuse au Québec et recrue de l'année au Canada à sa première saison universitaire. L'hiver dernier, sa deuxième campagne a été un peu moins éblouissante, bien que la numéro 13 s'est placée parmi les étoiles de sa discipline au Québec et au Canada.
Peu loquace, Marquis s'est dite «surprise» de ce départ précipité, tout en soulignant que «pour Chanelle, ç'a toujours été important, la NCAA». «Maintenant, c'est là qu'elle va jouer. Ça fait partie du sport, j'imagine», a laissé tomber celle qui entamera cet automne sa 26e saison à la barre.
«Je sais que mon départ va créer un trou, mais ça ne m'inquiète pas du tout», conclut St-Amour. «De nouvelles recrues seront là pour prendre la relève et mon coeur restera toujours avec le Rouge et Or.» Elle bénéficie encore de deux ans d'admissibilité dans la NCAA.











