Le projet est dans les cartons de la Fédération québécoise de ski alpin - Ski Québec Alpin (SQA) - depuis «quelques années». Selon nos informations, le gouvernement du Québec devrait lui donner le feu vert dans les mois à venir.
Le président de la Fédération, Michel Marcoux, préfère tempérer son enthousiasme tant qu'il n'aura pas reçu de confirmation officielle. Différentes sources ont entendu parler d'une annonce à l'automne. «Effectivement, dit M. Marcoux. Mais par expérience, en politique et en sports, tant qu'on n'a pas de contrat signé... Il y a un bon vouloir de tous les intervenants.»
Le projet, explique-t-il, vise dans un premier temps à permettre aux skieurs d'élite québécois de pratiquer leur sport dès le début de novembre. En plus de prolonger leur saison d'un mois, cela éviterait de dépenser des centaines de milliers de dollars pour «s'expatrier» dans l'Ouest canadien et américain chaque année, fait valoir M. Marcoux.
Il s'agirait d'élargir une piste sur le versant nord du Mont-Sainte-Anne et de multiplier les canons à neige - ce qui représente une bonne partie de la facture - pour devancer le début de la saison. Des aménagements seraient nécessaires au sommet et dans l'aire d'arrivée. La piste permettrait des entraînements pour des épreuves techniques de ski alpin comme le géant et le slalom. La descente demeure toutefois le royaume du Massif de Charlevoix.
«Ils ne feront pas une structure complètement nouvelle, explique Michel Marcoux. Ils vont tout simplement utiliser les infrastructures existantes du côté nord pour mettre en place cette piste. [...] De Mélanie Turgeon à Érik Guay, jamais cette possibilité n'a existé pour les dernières générations.»
Il est également envisagé d'enneiger une boucle de ski de fond pour offrir un avantage comparable aux fondeurs de style traditionnel ou patin.
«Le concept serait probablement le même, avec de l'enneigement d'une boucle au sommet de la montagne pour permettre leur entraînement», dit M. Marcoux. La construction d'une boucle asphaltée pour l'entraînement estival «est une possibilité».
Une phase «hébergement» aussi souhaitée
La création de pistes d'entraînement hâtif pour les skieurs alpins, les planchistes et les fondeurs est la priorité pour Ski Québec Alpin. Mais une phase «hébergement» est également souhaitée.
L'idée est de réaménager l'actuelle Auberge du fondeur, au Mont-Sainte-Anne, pour augmenter sa capacité d'accueil et y aménager certains services : salle vidéo, salle d'entraînement et autres. «On n'est pas en train de créer un gymnase, mais on veut permettre aux athlètes d'avoir des facilités de préparation physique et technique», note M. Marcoux.
L'Auberge, qui peut recevoir en ce moment 26 personnes, serait accessible aux élites régionale, provinciale et nationale, affirme le président de Ski Québec Alpin.
Trois partenaires sont impliqués dans le projet : Ski Québec Alpin, le Mont-Sainte-Anne et le gouvernement du Québec. Les sommes impliquées sont de l'ordre de 2,5 millions $. «Le 2,5 millions $ est une image globale qui inclut l'hébergement, dit M. Marcoux. On analyse la piste et l'hébergement. On pourrait même les faire en deux phases.»
Du côté du Mont-Sainte-Anne, la porte-parole Lisa-Marie Lacasse indique qu'une réponse est attendue du gouvernement vers la mi-août. Elle refuse d'en dire davantage sur le projet ou ses implications pour le Mont-Sainte-Anne avant d'obtenir une confirmation officielle. «On ne veut rien confirmer tant que nous n'avons pas de confirmation nous-mêmes», dit Mme Lacasse.
Une part de la tarte
En avril, l'annonce d'un investissement de 2,5 millions $ dans la construction d'un centre national d'entraînement en ski acrobatique à Val-Saint-Côme a fait grincer des dents dans la région de Québec. Dans le contexte d'une candidature olympique envisagée, plusieurs ont dénoncé que l'infrastructure soit bâtie ailleurs qu'à Lac-Beauport.
À l'époque, le ministre Sam Hamad avait affirmé que la région de Québec «aurait sa part de la tarte» et la ministre Michelle Courchesne avait déclaré que «notre gouvernement travaille pour que notre capitale ait sa part d'investissement».
Le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), qui doit financer ce projet de centre national d'entraînement, refuse de commenter pour le moment. «Il n'y a pas de projet annoncé au Mont-Sainte-Anne, il n'y a donc pas d'information additionnelle que nous pouvons ajouter», écrit l'attaché de presse Cédric Beauregard dans un courriel.
Le cabinet du ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale dirige toutes les questions vers le MELS.






















