Le carré d'as de la dame aux souliers roses

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En franchissant les 42,2 km en 2:57:42,5, Nathalie... (Le Soleil, Erick Labbé)

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En franchissant les 42,2 km en 2:57:42,5, Nathalie Goyer a signé l'unique chrono sous les trois heures chez les femmes.

Le Soleil, Erick Labbé

Carl Tardif
Le Soleil

(Québec) Nathalie Goyer commence à en avoir l'habitude. Pour la quatrième fois en six ans, elle a été la première dame à franchir le fil d'arrivée du Marathon des Deux Rives SSQ.

Avant de penser à son carré d'as, la coureuse de Saint-Bruno-de-Montarville n'avait qu'une chose en tête?: voir la fameuse arche installée au bout des 42,2 km. «Il y a deux ans, j'étais tombée sur le parcours, alors tant que je ne n'avais pas atteint l'arrivée...», racontait-elle d'une voix timide.

Gagnante en 2005, en 2006, en 2007 et en 2010, elle a poussé l'audace jusqu'à réussir son meilleur temps personnel sur la double rive régionale. La dame aux souliers roses a fait 2:57:42,5, améliorant son chrono de Québec de 2h59 par tout près de deux minutes.

«À chaque fois, c'est difficile, mais je me sens bien. J'ai essayé de partir lentement pour voir qui était là. Il fallait faire très attention à la chaleur», expliquait celle qui a quasiment mené la course de bout en bout.

Même si elle ne visait pas son meilleur temps à vie, Nathalie Goyer a couru assez vite dans les circonstances pour devancer Mélissa Chénard, de Québec, par plus de sept minutes, et Maryse Nault, de Victoriaville, par 10 minutes. En fait, elle a été l'unique femme à faire la distance sous les trois heures. «Je vais profiter de votre présence pour vous dire que je lance un livre pour les enfants, cette semaine», prenait-elle la peine de dire aux journalistes qui l'attendaient derrière la ligne d'arrivée, joignant ainsi l'utile à l'agréable.

Chénard ravie

À son tout premier marathon, Mélissa Chénard était ravie de sa deuxième place. Comble de bonheur, la remise des médailles se faisait en face de la gare du Palais, où elle travaille. «Je suis très contente, c'est mon premier marathon, et au mois de mai, je faisais mon premier demi-marathon à Ottawa. Pour moi, c'est tout nouveau, mais ce fut une course vraiment difficile.»

Membre du club Le coureur nordique, elle a fait la moitié du parcours avec Jimmy Gobeil, mais avec 23 km à faire, il lui a dit d'y aller parce qu'il ne pouvait pas suivre le rythme en raison de son gabarit et de la poussette qui l'accompagnait sur le parcours.

«Une chance qu'il y avait une petite brise, parce que sans vent, ça aurait été dément. Je visais deuxième ou troisième. Ce n'est pas que je savais que je pouvais terminer aussi haut, mais c'est ce que je voulais. J'ai fait 3:04:53 et j'avais prévu entre 3h et 3h10», expliquait la native de Rimouski, qui est établie à Québec depuis 2004.

Elle n'oubliera pas de sitôt sa première expérience, plus particulièrement le dernier kilomètre. Le passage sur la rue Dalhousie et l'arrivée sur le boulevard Charest, voilà des moments qui resteront longtemps gravés dans sa mémoire. «Dans le fond, un marathon ne compte pas 42 km, mais bien 41. Le dernier kilomètre, il est gratuit, il est magique. Il faut le vivre pour le comprendre», disait-elle en pointant le tapis rouge installé sur les derniers mètres.


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