«Ça me place parmi les favorites, sauf que Marie-Hélène [Prémont] a démontré qu'elle était au sommet de sa forme. Nous aurons donc deux chances de médaille», claironne la Néo-Brunswickoise.
Pendrel a connu une saison exceptionnelle, remportant deux coupes du monde, soit celle d'Offenburg en mai et la récente de Windham, en fin de semaine, où elle a concrétisé sa mainmise sur le premier rang saisonnier. «Finir premier au général et remporter deux étapes de la Coupe du monde, ça s'équivaut. Cette année, nous avons décidé de voyager un peu moins et de se concentrer sur l'entraînement afin de maximiser nos résultats», expliquait-elle, hier après-midi, en marge de la présentation de l'équipe canadienne.
La sportive de 30 ans a devancé la favorite locale par quatre secondes dans l'État de New York. Elle sait trop bien que la sportive de Château-Richer voudra livrer une performance mémorable à ses partisans qui se pointeront le long du parcours du MSA.
«Marie aura la chance d'être poussée par ses fans. Et croyez-moi, ça aide de se sentir supportée de la sorte. On peut aller encore plus vite. Ça me fait penser à la mère qui trouverait la force de soulever une voiture pour sauver son enfant. Personnellement, j'aime beaucoup rouler au Mont-Sainte-Anne et ce serait phénoménal de pouvoir remporter le Championnat du monde.»
Cette saison, elle a doublé son nombre de victoires en Coupe du monde en carrière. Elle revendiquait avant cela des succès à Bromont et au MSA, en 2009, «J'ai terminé sixième lors des trois derniers Championnats du monde. Je ne sais pas si les autres filles me perçoivent comme une aspirante au titre, mais j'ai appris avec le temps qu'il fallait respecter tout le monde. Je trouve que les Mondiaux ressemblent aux Jeux olympiques, car tu dois être à ton meilleur le même jour où toutes les compétitrices cherchent à l'être», ajoutait celle qui habite à Kamloops, en Colombie-Britannique.
En développement
Elle a roulé plusieurs kilomètres en montagne depuis 1998, l'année où elle avait assisté au Championnat du monde de la discipline au MSA sans savoir qu'elle en serait, un jour, l'un des points de mire. «Même si je viens de franchir le cap de la trentaine, je sens que je suis encore en phase de développement. J'ai montré, en fin de semaine, que j'étais prête à y aller, que j'étais dans la meilleure forme de ma saison. L'important, pour moi, ce sera d'être satisfaite de ma course, peu importe le résultat, parce qu'on ne contrôle pas ce que les autres font.»
L'entraîneur de l'équipe nationale, Dan Proulx, se réjouissait à l'idée de voir le tandem Pendrel-Prémont s'aider mutuellement malgré le fait qu'il s'agisse d'une course individuelle. «L'une des raisons qui fait que Catharine est devenue aussi bonne, c'est à cause de Marie-Hélène. Et les résultats de Catharine ont servi de source de motivation à Marie, lui rappelant à quel point c'était plaisant d'être championne.»
Prémont : le titre à ajouter
Aucun baiser sur la joue, pas de poignée de main. La bonne humeur est toujours au rendez-vous, mais Marie-Hélène Prémont préfère s'éloigner de tout risque de contagion à l'approche de la course la plus importante de sa carrière depuis les Jeux olympiques de Pékin. «Je ne le cache pas, c'était l'objectif de ma saison. Je veux gagner le Championnat du monde, un titre qui manque à mon palmarès.» Pour cela, la cycliste de Château-Richer rivalisera avec plusieurs gros noms du circuit, comme Catharine Pendrel, mais aussi la Russe Irina Kalentieva, championne mondiale en titre. «Le parcours lui convient, elle sera à surveiller. Moi, j'ai la chance de courir chez moi, de ne pas avoir à voyager. Je suis dans un état d'esprit positif, je suis bien préparée. Je sais aussi que les gens seront derrière moi parce que moi, je serais la première à avoir un parti pris si une athlète de chez moi prenait le départ», confiait celle qui adore le parcours, où l'effort physique est requis et les relances sont nombreuses.













