Jean-Philippe Le Guellec: une saison en bonne santé

Jean-Philippe Le Guellec s'envolera demain pour l'Europe afin... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Jean-Philippe Le Guellec s'envolera demain pour l'Europe afin de participer aux premières étapes de la saison 2011-2012 de biathlon.

Le Soleil, Erick Labbé

Carl Tardif
Le Soleil

(Québec) La formule est ancrée dans les traditions. Au Nouvel An, on se souhaite de la santé! Dans le cas de Jean-Philippe Le Guellec, ce souhait ne pourrait pas être plus de mise. Enfin débarrassé de deux virus, dont celui de la mononucléose, il retourne dans les parcours de la Coupe du monde de biathlon avec la ferme intention de retrouver sa touche d'antan.

Le sportif de 26 ans s'envolera pour l'Europe demain afin de participer aux trois premières étapes de la saison 2011-2012. Sa préparation physique n'a pas été aussi longue que par le passé, mais c'est l'esprit en paix qu'il grimpera sur ses skis et s'installera au champ de tir.

«En considérant la durée de mon entraînement, je ne suis pas où je devrais être en temps normal. Par contre, c'est bon de savoir que mes problèmes sont derrière moi. Ce que j'espère, c'est que ma forme soit en crescendo jusqu'aux Championnats du monde», disait-il, en fin de semaine, attablé chez lui.

Après un hiver 2009-2010 remarquable qui l'avait vu se hisser jusqu'au sixième rang du sprint de 10 km des Jeux olympiques de Vancouver, ses attentes étaient très élevées, la saison dernière.

«Mon objectif était d'accéder au podium et ça avait bien commencé avec une 13e position - il était même dans le top 5 avant le dernier tir. Mais dès la Coupe du monde 3, je voyais bien que ça ne fonctionnait pas. Comme ça faisait longtemps qu'on était en Europe, je me disais que ça devait être juste de la fatigue», expliquait l'athlète de Val-Bélair.

Après des fêtes à saveur européenne, il s'offre une 16e place au sprint à la reprise, sauf qu'au départ groupé, les efforts fournis ne se concrétisaient pas en résultat. Une semaine plus tard, à Ruhpolding, il frappe un mur. Parti dans un sprint à départ différé avec le dossard no 25, il se fait doubler par le no 31. Un signal d'alarme se fait entendre.

«Ça voulait dire qu'un gars parti trois minutes après moi me rattrapait, ce qui ne m'était jamais arrivé. On peut perdre du temps au tir, mais pas comme ça en ski. En plus, il m'avait passé comme si je ne bougeais pas», raconte celui qui se posait des questions sans trouver les réponses.

De retour au pays, il rencontre son médecin, la Dr Mireille Belzile (la mère d'Alex Harvey). Les prises de sang dévoileront quelques semaines plus tard qu'il a combattu une mononucléose, en plus de contracter le cytomégalovirus, qui affecte le système immunitaire.

Au repos forcé

Le remède prescrit a été un repos quasiment complet de la mi-mars à la mi-mai. Il a graduellement repris l'entraînement par la suite, les deux virus n'étant plus actifs. «Quand j'ai su ce que j'avais, c'était quasiment une bonne nouvelle. À tout le moins, une explication. On ignore à quel moment j'ai attrapé les virus, mais j'ai traîné ça longtemps et il y a eu un effet boule de neige.»

Le biathlonien ne se berce pas d'illusions sur les prochains mois. Il a du rattrapage à faire, un écart à combler avec les canons de la discipline. «J'ai l'impression d'avoir perdu une saison et je suis curieux de voir comment ça va se dérouler. L'objectif, c'est de performer aux Mondiaux (début mars, en Allemagne), mais je n'ai aucune idée de ce qui m'attend. Une chose est sûre, je ne me retiendrai pas sur les lignes de départ. Sans dire que je vise un top 20 régulier, je reste optimiste. Je veux garder une discipline en ski, rester technique dans les boucles et améliorer mon score en tir. J'aimerais tirer 10 sur 10 en sprint, et au-dessus de 17/20 dans les courses à quatre tirs.»

La retraite après Sotchi, à moins que...

Entre deux maux, aussi bien choisir le moindre. Ainsi, Jean-Philippe Le Guellec estime que la maladie a frappé juste au bon moment dans le cycle olympique. «Si c'était arrivé l'an prochain, les chances de médaille auraient été nulles à Sotchi. Dans un sens, ce fut peut-être une bonne chose d'avoir pris du repos», analysait l'athlète à plein temps qui est un des protégés de la Fondation sportive B2Dix, qui favorise le soutien à l'entraînement, depuis la fin des Jeux de Vancouver.

Le Guellec a ciblé les Jeux de 2014 comme chant du cygne. «J'envisage la retraite après Sotchi. Je suis marié, on veut des enfants, et pour voir plusieurs compétiteurs nord-américains qui en ont, je n'ai nullement l'intention d'avoir une relation Skype avec mon enfant. Ma priorité, présentement, c'est le biathlon. Quand j'arrêterai, ce ne sera pas pour faire trois retours, à moins qu'il y ait des Jeux à Québec en 2022, mais ça, c'est entre les mains de Marcel...», disait-il en parlant de Marcel Aubut, le président du COC qui souhaite encore la candidature de la Ville de Québec.

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