Aux abords du terrain, une vingtaine de parents bénévoles s'affairent ici et là. Plusieurs font rouler la Niche, une cantine très achalandée.
Les gradins se remplissent rapidement de parents, d'amis, d'élèves et de joueurs des Condors évoluant dans les autres ligues du secondaire. Plusieurs d'entre eux, parents comme élèves, arborent avec fierté les couleurs de l'équipe.
À un certain moment, les locaux se retirent dans leur vestiaire, le temps qu'arrivent les joueurs du Blizzard avec leur vingtaine de cheerleaders.
Puis, à 19h, des Condors gonflés à bloc font leur entrée sous les projecteurs en traversant un corridor de partisans qui ne les lâcheront pas de la rencontre.
Tout est en place pour une partie de football dans la plus pure tradition des Friday Night Lights, une institution typique des high schools américains.
D'un quart à l'autre, les quelque 1000 personnes qui composent la foule agitent leur crécelles, scandent des airs d'encouragement, applaudissent les beaux coups.
Animation en continu
Cette atmosphère, habilement égayée par la musique et les cheerleaders des Condors à la mi-temps, est unique dans le football juvénile au Québec, assure Jean-Frédéric Gagné, le responsable du programme de football de l'Externat. «Je n'ai pas vu ça ailleurs, ni dans la région ni dans la province. Même qu'il y a plusieurs écoles qui essaient maintenant de faire la même chose chez eux.»
Du temps où il jouait pour cette équipe, au milieu des années 90, rien de tel n'existait. C'est l'installation des projecteurs, des gradins, de la cantine, d'un tableau indicateur et d'autres éléments propres à un «vrai» terrain de foot qui a changé la donne quelques années plus tard.
Tout ça à la sueur des 75 bénévoles et parents impliqués dans le programme et à l'instigation de Sylvain Prémont, alias «Mr. P», véritable pater familias des Condors. Fan invétéré de football, «Mr. P» a sciemment importé la tradition des Friday Night Lights à Saint-Jean-Eudes. Pourquoi? Entre deux beaux coups de ses poulains, qui suscitent chez lui plus de joie que chez quiconque, il explique que c'est pour le bien des jeunes.
«On voit des jeunes qui n'ont pas de motivation ou, pire, qui ont des problèmes de drogue. Mais avec tout ça, ça résout bien des problèmes», laisse-t-il tomber, tout sourire, en désignant d'un regard rempli de fierté la foule, les bénévoles et les joueurs, tous plus animés les uns que les autres et tous réunis autour d'une seule et même chose : le football.
Lorsque sonne la fin du dernier quart et que la victoire de 22-15 arrachée de chaude lutte par les locaux est assurée, «Mr. P» court féliciter ses protégés qui, par leurs éclats de joie, lui rendent bien son amour du football et des jeunes.











