Jean-Philippe Gilbert, droit devant

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Jean-Philippe Gilbert, droit devant

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Jean-Philippe Gilbert

Olivier Bossé
Le Soleil

(Québec) À l'approche de son dernier premier match de saison, Jean-Philippe Gilbert a le terrain grand ouvert devant lui. Le plaqueur du Rouge et Or contemple la cinquième et dernière campagne d'une carrière universitaire couronnée de succès, peut-être bientôt d'un troisième championnat canadien. À l'horizon pointe un avenir prometteur d'avocat spécialisé en redressement d'entreprises.

Tout cela à cause d'Alexandre Bonneau. Le nouveau de l'école qui a osé défier Gilbert, en quatrième secondaire. «Comme j'étais le plus gros de l'école, il a voulu me tester», question d'établir sa réputation, raconte le natif de Saint-Victor, en Beauce. «Il m'a dit : "Si tu viens au foot, je vais te coucher." Ça s'est réglé sur le terrain», sourit le sympathique bonhomme, non équivoque sur l'issue du duel.

Gilbert précise que le Bonneau en question, un porteur de ballon, est ensuite devenu «mon meilleur chum». Et les Faucons de la polyvalente Saint-François de Beauceville ont été les premiers à récolter les fruits de cette «bonne façon de canaliser mes mauvaises énergies». Puis il y a eu les Dragons de Saint-Georges, les Cougars de Lennoxville et, finalement, le Rouge et Or de l'Université Laval. Finalement, parce qu'aucune équipe de la Ligue canadienne n'a daigné lui faire signe, au dernier repêchage. Ce qui n'est rien pour abattre son moral.

«C'est sûr que j'aurais aimé vivre de mon sport, admet-il néanmoins. Mais quand je vois ce qu'ils ont fait à Guillaume [Allard-Caméus, limogé par Hamilton en milieu de saison], je n'y tiens pas vraiment.» Et de poursuivre : «Je sais que j'ai suscité de l'intérêt, c'est déjà beau.»

À 25 ans et toutes ses dents - épaules, genoux et chevilles aussi -, Gilbert sera donc la figure de proue de la meilleure unité défensive du football universitaire canadien. En cette année de match de la Coupe Vanier à Québec, la lumière des projecteurs n'en sera que plus aveuglante. «La pression, on ne la subit pas, on l'applique», lâche-t-il d'un trait, comme une maxime apprise de longue date.

Le costaud numéro 94 en profitera pour servir de joueur-entraîneur aux recrues. «J'ai déjà coaché Michaël Abraham [secondeur de première année] et j'ai joué avec son grand frère [Jean-Philippe, 2002 à 2005]», se remémore Gilbert, réalisant que le temps a passé depuis son arrivée à Laval, en 2005. «Les gars qui entrent ici sont des garçons et ils en sortent des hommes. Moi aussi, je suis passé à travers ce processus-là. On devient prêt à affronter le monde extérieur.» Comme il est prêt à affronter le dernier droit.

 

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