Des équipes de la Ligue de football universitaire du Québec (LFUQ) alignent-elles des joueurs inadmissibles de par leurs résultats scolaires, et ce, en toute impunité? «Oui, il y en a au moins une au Québec et peut-être deux. [...] Il y en a une qui a beaucoup, beaucoup de victoires», a affirmé le pilote des Gaiters de l'Université Bishop's, Leroy Blugh, il y a quelques jours, au collègue Pierre Turgeon, de La Tribune de Sherbrooke. Blugh vise assurément la formation de ballon ovale de l'Université Laval, seule à compter «beaucoup, beaucoup de victoires» à son palmarès dans les dernières saisons.
L'an dernier, la Fédération québécoise du sport étudiant (FQSE) a entériné une règle selon laquelle pour être admissible à évoluer dans les divers circuits du Sport interuniversitaire canadien (SIC), tout athlète ayant étudié dans un cégep, institution unique à la Belle Province, doit y avoir réussi un minimum de neuf cours. Ainsi, une liste complète de tous les candidats susceptibles d'accéder aux rangs sportifs universitaires et ne répondant pas à ce critère a été créée par la FQSE et mise en ligne à l'intention de toutes les universités d'un océan à l'autre. Sauf que le courriel de l'annonce de cette publication, envoyé début juillet, n'a pas été reçu par deux des six écoles impliquées en football universitaire au Québec, Laval et Bishop's, les gens de Lennoxville obtenant l'information autrement. Sans parler des 21 hors Québec qui n'en connaissent même pas l'existence.
Période de grâce
La bourde a été constatée en septembre. C'est là que le SIC a convenu d'une période de grâce généralisée jusqu'au 31 août 2010, le renversement par forfait des trop nombreux matchs impliquant ces joueurs devenait impensable. Plus sévère, la FQSE a décidé de limiter sa trêve au 15 octobre. Mais déjà, fin septembre, le R et O avait retiré le joueur de ligne offensive Dominick Richard et le receveur de passes Seydou Junior Haïdara de son alignement de football, en plus de régulariser la participation de membres des équipes de soccer et de basketball, dont les noms apparaissaient aussi sur la fameuse liste. «Ça n'a jamais été dans notre intention de trafiquer quoi que ce soit ou de cacher des joueurs», a assuré le directeur du programme d'excellence Rouge et Or, Gilles Lépine.
Il en veut pour preuve le cas du secondeur étoile Samaël Lavaud, qui, l'automne dernier, n'avait pu enfiler l'uniforme avant la cinquième semaine d'activités. Notons que le nom de Lavaud a d'ailleurs dû être retiré de la liste cette année, même si son dossier était réglé depuis belle lurette. Cas un peu similaire, Haïdara regagne quant à lui son admissibilité samedi, contre les Redmen de McGill, puisqu'il vient d'obtenir la confirmation de sa réussite d'un neuvième cours de cégep, suivi cet été. Fort de trois cours universitaires bouclés à la session d'hiver, Haïdara avait pris part aux première et troisième rencontres du calendrier dans l'ignorance de sa situation.











