Hier, c'était la Coupe Dunsmore. Samedi prochain, ce sera la Coupe Mitchell. Et foi de botteur, ce n'est pas une vilaine entorse à la cheville gauche - «les médecins ne pensent pas que ce soit une fracture», a rassuré Milo - qui l'empêchera de faire son boulot.
Même si toute sa valeur réside dans le pied droit, Milo n'a pas caché que l'incident survenu en fin de deuxième quart avait «fait mal en ta...». «Quand je dégage, je saute un peu et c'est en retombant que c'est arrivé. Je ne sais pas si j'ai pilé sur l'autre joueur ou si c'est lui qui m'a pilé dessus», a-t-il raconté. Mais une fois cantonné au local médical, la douleur d'abandonner ses coéquipiers s'avérait plus forte que celle qui torturait sa cheville. Glace, injection localisée et une tonne de ruban adhésif lui ont permis de revenir au jeu au milieu du troisième quart.
Au grand soulagement de Maxime Bérubé, botteur d'urgence pour l'envoi de la deuxième demie. «Pour commencer, j'ai mis le ballon à la ligne de 40 au lieu de 45», a exposé le demi défensif, qui ne s'était pas exercé au coup de pied depuis le camp d'entraînement, avant sa courte répétition de la mi-temps. «Puis ils m'ont demandé une feinte à gauche... C'était vraiment pas beau», a avoué Bérubé, à propos de son botté de 24 verges, son premier depuis les rangs juvéniles, à Valleyfield. «J'étais receveur de passes et botteur de précision», s'est rappelé celui qui tape également le ballon de soccer à temps perdu.
Son coéquipier en défensive Jean-Philippe Gilbert a lui aussi bénéficié de tous les trucs du personnel soignant pour ne manquer que quelques jeux. «Il était hors de question que je ne rejoue pas», a fait valoir le finissant de cinquième année, à qui on a installé «un taping tellement épais que c'était presque un plâtre» autour du genou gauche. «Je ne voulais pas avoir de regrets», a poursuivi le plaqueur étoile, qui bouclera son passage chez le Rouge et Or avec la même blessure qui le tenaillait à son arrivée avec l'équipe, en 2005. «Je vais ressortir la même attelle que j'avais quand je suis rentré. Je ne l'ai pas mise depuis trois ans, je vais la sortir du garde-robe et la dépoussiérer.»
Gilbert avouait être vidé. «Je n'ai plus rien, je suis au bout. Mais on regarde en avant, alors qu'eux restent en arrière. Et si j'ai pu jouer aujourd'hui, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas la semaine prochaine», a-t-il conclu.












