«Ils [les Carabins] parlaient trop dans les médias», avance d'abord Plesius, pour expliquer son attitude frondeuse et fonceuse de la présentation d'avant-match au sifflet final, samedi. «J'étais en feu», reconnaît le colosse de 6'1" et 250 lb, qui se fait beaucoup plus discret en dehors des lignes blanches. Puis il revient aux Carabins : «J'espère qu'ils n'auront pas trop d'excuses, cette fois-ci. De toute façon, on va les laisser se mêler de ça. Nous, on va s'occuper de la Coupe Vanier.»
Il parle peu, mais se fait bien comprendre. Plesius est débarqué dans la capitale durant l'été, après avoir longtemps hésité entre Montréal et Québec, les Carabins et le Rouge et Or, les aspirants et les champions. Le natif de la ville de Laval venait de passer une saison à Waco, au Texas, où il servait de suppléant chez les Bears de l'Université Baylor (NCAA I). Une expérience qu'il n'a pas appréciée, le joueur tant convoité ici ne voyant même pas d'action pour un seul jeu là-bas.
«Je ne voulais pas retourner. Ici, je m'amuse. Je n'y pense même pas», assure-t-il, à propos du plus haut calibre de football universitaire au monde. «Les fans d'ici sont les meilleurs fans au Canada. Même après la défaite à Montréal [le 4 octobre], ils ont continué de nous supporter. Je voudrais les remercier», affirme celui pour qui la pire chose survenue samedi fut de perdre 10 $ dans un pari sur l'issue du match du Bol d'or collégial AAA, son alma mater de Lennoxville s'inclinant 14-9.
Préparation soignée
En finale québécoise, Plesius a mené le R et O au chapitre des plaqués avec trois en solo, dont un pour des pertes, et quatre assistés. Montréal n'a inscrit que sept points, dont aucun en deuxième demie. L'attaque terrestre la plus prolifique au Québec a de plus mérité sa pire récolte nette de la saison, 128 verges, dont 111 par son porteur vedette, Rotrand Sené. «C'est pour ça qu'on a la meilleure défensive au Canada», vante Plesius. «Dans une partie éliminatoire, entre les deux meilleures équipes du Québec, les gros joueurs sortent les gros jeux.»
Les Montréalais ont entre autres loupé deux bottés de placement cruciaux au tournant de la demie, alors qu'ils tiraient de l'arrière 20-7. «Nos coachs ont fait toute la préparation nécessaire et ils ont remis la game entre nos mains», a résumé Plesius.
Un point repris en d'autres termes par son coéquipier en défensive, le demi Maxime Bérubé. «Marc Fortier [le coordonnateur défensif] nous avait tellement bien préparés, chaque fois qu'on embarquait sur le terrain, c'est comme si on savait quel jeu ils allaient faire. Ce n'est pas pour rien qu'il [Fortier] a des poches en dessous des yeux.»











