À voir David Bouchard clopiner tout le long du corridor au sous-sol du Pavillon de l'éducation physique et des sports de l'Université Laval, 48 heures après le dernier jeu de la finale de conférence, on réalise à quel point les Carabins de Montréal ont frappé fort, samedi. Blessé à la cuisse ? «Non, le cou, partout», grimace le gentil géant de 6' 5'' et 325 lb. «Ç'a fessé en fin de semaine!» constate le bloqueur étoile. «Ç'a été un match très physique. Après ça, tu te sens contusionné sur tout le corps.» Bouchard a néanmoins pris part à la séance de remise en forme hebdomadaire de l'équipe, d'ailleurs raccourcie de 60 à 30 minutes, au contraire de plusieurs partants, dont Christopher Milo.
Victime d'une entorse à la cheville gauche à la toute fin du deuxième quart, le botteur est revenu au jeu de façon héroïque en cours de troisième quart, pouvant à peine s'appuyer sur sa jambe porteuse. «Je mets beaucoup de glace et je porte un bandage compressif. C'est beaucoup moins enflé que ce l'était samedi, ça va aller», rassure le propriétaire de ce pied droit si cher au R et O. «Mais le pied gauche est sous-estimé», souligne Milo, soutenu par des béquilles. «On me dit : "Le gauche ne sert à rien, tu bottes du pied droit". Mais la jambe gauche est essentielle pour l'équilibre, pour le transfert de poids. Elle doit être aussi forte que la droite», pour obtenir le meilleur résultat.
Le repos devient donc sa priorité. Pas question de s'entraîner avant vendredi, «peut-être», si la guérison s'effectue plus rapidement que prévu. «Le seul plan est de jouer samedi. On va tout faire pour que je sois sur le terrain» du stade Richardson, à Kingston, domicile des champions de l'Ontario, les Golden Gaels de l'Université Queen's. «Si je peux jouer sur une jambe, je vais jouer sur une jambe. Si j'ai fini le match de samedi passé, il n'y a pas de raison pour que je ne sois pas là samedi prochain», martèle Milo.
Le numéro 19 des rouges a officiellement cogné le ballon 18 fois dans la rencontre, alors que deux de ses bottés de dégagement ont été annulés pour cause de pénalités. Avant de se blesser, il a enregistré des dégagements de 42, 45, 45 et 43 verges, des bottés d'envoi de 68, 65 et 68 verges, des placements de 44 et 36 verges et deux convertis. Après, des dégagements de 34, 20, 34, 31 et 48 verges, un d'envoi de 29 et une transformation. Son incapacité à courir explique la courte distance parcourue par son dernier botté d'envoi. En son absence, Maxime Bérubé a réussi un botté d'envoi de 24 verges et Tristan Grenon, un dégagement de 28.
Milo se souvient avoir expérimenté la même blessure à deux autres reprises au cours de sa carrière, mais toujours durant la saison morte. Une fois à sa première campagne chez le R et O, en entraînement hivernal, et l'autre en jouant au... tennis!











