Le quart de 38 ans en a fait voir de toutes les couleurs à l'unité défensive des Packers en complétant 29 de ses 33 passes pour des gains de 379 verges. Il a entre autres lancé pendant ce duel très offensif cinq passes de touchés comparativement à quatre passes incomplètes, même si les Cards étaient privés du receveur Anquan Boldin. Dans ce match, Warner a été précis comme l'horloge, au point de compléter 87,9 % de ses passes. Seuls Tom Brady (92,9 %) et Phil Simms (88 %) ont fait mieux que lui dans un match des séries dans le passé.
Le numéro 13 des Cards a ainsi porté sa fiche dans les éliminatoires à 9-3, en plus de devenir le deuxième quart de l'histoire de la NFL à lancer cinq passes payantes pour la deuxième fois, le seul autre joueur ayant réussi pareil exploit étant Daryle Lamonica, qui a joué de 1963 à 1974. Warner totalise maintenant 31 passes de touchés en 12 rencontres d'après-saison, derrière Joe Montana (45), Brett Favre (39) et Dan Marino (32). Ces trois légendes ont toutefois disputé respectivement 11, 10 et 6 matchs éliminatoires de plus que l'ex-quart des Rams de St. Louis et des Giants de New York.
Quelques semaines plus tôt, Warner était devenu le deuxième quart de la NFL - après Fran Tarkenton - à lancer 100 passes de touchés et à amasser plus de 14 000 verges par la voie des airs avec deux clubs différents. Il a aussi atteint le cap des 30 000 verges par la passe à son 114e match dans la NFL, égalant ainsi le record de Marino.
Question déplacée
Malgré tous ces exploits, auxquels on peut ajouter deux titres de joueur par excellence et trois participations au SB (1-2), certains analystes à la télé américaine se demandaient après les matchs de la première ronde éliminatoire si Warner méritait vraiment une place de choix au Temple de la renommée, une fois sa carrière terminée. Il faut croire qu'il fallait combler du temps en ondes pour poser une question aussi peu pertinente...
Dans mon esprit, il n'y a aucun doute que cet ancien commis d'épicerie, qui a dû faire ses classes en Europe et dans le Football Arena avant de tenter sa chance dans la NFL, va prendre la direction de Canton (Ohio) quand il décidera de tourner la page et de consacrer sa vie à sa femme Brenda et à leurs sept enfants. Warner a parlé de retraite à quelques reprises dans le passé, et le sujet est revenu sur le tapis cette année quand il a raté un match après avoir subi une autre commotion cérébrale, la cinquième de sa carrière. Parce qu'il tient à passer du temps de qualité avec ses proches au cours des prochaines années, il n'est pas question pour Warner de laisser sa santé sur un terrain de football.
Si certains observateurs tardent encore à reconnaître ses exploits, c'est sans doute parce que Warner n'est pas le plus flamboyant des athlètes d'aujourd'hui et qu'il a été éclipsé au cours des années 2000 par les trois bagues du Super Bowl de Tom Brady (Nouvelle-Angleterre) et les nombreux records de Peyton Manning (Indianapolis). Et comme il a passé ses meilleures années à St. Louis et à Glendale, Warner n'a pas été aussi présent dans les médias que s'il avait joué dans des marchés plus importants.
Enfin, comme il a démontré à quelques reprises qu'il est capable du meilleur comme du pire - Warner a été victime de six revirements dans une défaite de 34-21 des Cards aux mains des Panthers de la Caroline le 1er novembre dernier -, il est à souhaiter que sa carrière prenne fin sur une note positive, question de l'aider à gagner le respect des amateurs qui ne lui accordent pas encore tout le crédit pour tout ce qu'il a accompli au cours des 12 dernières années.




















